1028 victimes passées par la cité de la joie depuis 2011

La Cité de la Joie, ce centre révolutionnaire qui a ouvert ses portes aux femmes congolaises victimes de violences basées sur le genre en 2011, fête aujourd’hui la clôture de sa 12ème session. Christine Deschryver, la directrice de la Cité de la Joie, mais également la vice-présidente de la Fondation Panzi parle de 1028 femmes qui y ont transité. Elle qualifie ces femmes de « semences révolutionnaires qui vont changer la RDCongo ». Pour la Directrice rien n’est plus satisfaisant qu’un sourire que l’on a réussi à redessiner sur le visage de ces femmes arrivées brisées à la Cité de la Joie, « Cela nous encourage à continuer malgré les obstacles ».

En effet, les femmes qui arrivent à la Cité de la Joie ont eu, pour la plupart, des histoires qui les ont traumatisées, cassées. La Cité de la Joie, pendant 6 mois à travers des formations et divers ateliers, tente de les remettre sur pieds. Les résultats sont là. Christine AMISI, secrétaire exécutive de la Fondation Panzi, membre de l’équipe de recherche et chef du projet fistules, confirme la réalité de ces transformations morales, physiques et intellectuelles. Ces femmes blessées à l’entrée retournent chez elles beaucoup plus fortes et surtout mieux armées pour affronter la vie.

Le Professeur Docteur Mukwege, Président de la Fondation Panzi, est un ami de longue date de Christine Deschryver. Il est pour elle un confident et un conseiller, tous deux se soutiennent et se donnent mutuellement la force de continuer à œuvrer pour la cause des femmes congolaises. Malheureusement absent pour cette célébration le Docteur qualifie de « miracle » ce qui se passe à la Cité de la Joie.

Dans son discours adressé aux femmes, Christine Deschryver compare le parcours des femmes aux 4 saisons. A leur arrivée à la Cité de la Joie les femmes sont comme à l’image de l’automne où les feuilles sèchent et tombent, les femmes sont abîmées. Alors que leur famille et la communauté pensaient qu’elles étaient mortes, perdues, le printemps  et l’été arrivent, les feuilles et les fleurs repoussent, leur couleur se ravive à l’image de ces femmes qui reprennent confiance en elles et repartent pleine d’espoir pour un avenir auquel elles ne croyaient plus. C’est ainsi que ces « semences révolutionnaires » transformeront leur communauté jusqu’à transformer leur pays.

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