« NOUS AVONS BEAUCOUP A APPRENDRE DU PEUPLE COREEN »

Tatiana MUKANIRE restitue sa mission au Professeur MUKWEGE

Dans le cadre d’une mission d’échange d’expérience en Corée du Sud, la coordinatrice nationale du mouvement des survivantes en RDC, Tatiana Mukanire a rencontré les femmes victimes de violences sexuelles pendant la deuxième guerre mondiale. Ces femmes, appelées « femmes de confort » des militaires japonais, constituent désormais un patrimoine international, compte tenu de l’histoire qu’elles incarnent et dont elles gardent le témoignage.
Lors de cette rencontre, madame Tatiana Mukanire a relevé la grande différence qui existe entre les survivantes de la RDC et les sud-coréennes.
Pour elle la population congolaise ne compatit pas assez avec les victimes des violences sexuelles comme cela fut le cas en Corée du Sud. Et pourtant il s’avère que la situation humanitaire actuelle dans la région des grands lacs est comparable à celle qui sévissait en Corée du Sud pendant la seconde guerre mondiale. La seule différence entre les survivantes aux violences sexuelles de ces deux mondes est que les femmes sud coréennes ont bénéficié davantage, d’amati et de soutien de la part de leurs compatriotes. Les femmes dites de confort, exploitées sexuellement par les militaires japonais pendant la deuxième guerre mondiale, ont été totalement intégrées dans la communauté coréenne sans souffrir de la stigmatisation ni du rejet souvent présents dans la société congolaise.
« Les survivantes de la Corée du sud sont très fortes malgré qu’elles ont un âge avancé. Elles sont dans la nonantaine d’âge mais elles gardent la reconnaissance et leur intégrité dans la communauté », a révélé madame Mukanire.
« Les congolais ne compatissent pas avec ceux qui souffrent et ne pensent qu’à leur bonheur ! », regrette-t-elle.
Afin d’essayer de persuader les congolais à changer d’attitude, à l’égard des survivantes, madame Tatiana Mukanire s’est engagée à « organiser des conférences pour sensibiliser la population congolaise afin qu’elle accepte de compatir avec les autres survivant(e)s de viol et de violences sexuelles, et qu’en ensemble elles puissent lutter contre ce fléau, parce que les survivant(e)s eux-mêmes sont incapables d’y arriver, mais avec la population, et les membres de la communauté congolaise, ils pourront».
A son retour de la Corée, madame Tatiana Mukanire est passée à l’Hôpital pour faire partage de son expérience au docteur Denis Mukwege. Pour ce fervent défenseur des droits de l’homme le comportement de la population congolaise à l’égard des victimes des violences sexuelles est à déplorer.
« Le docteur Mukwege est désolé de voir combien la population congolaise ne s’occupe pas du bien être des autres », a rapporté Tatiana MUKANIRE. Il a également déploré le déni entretenu sournoisement autour de la problématique du viol et des violences sexuelles.
« Le docteur Denis MUKWEGE fait beaucoup sur l’étendu de la République et le monde le lui reconnait. Mais il reste la pleine reconnaissance de ses actions par la grande majorité des congolais », a relevé la coordinatrice de la plate-forme des survivantes en RDC, suggérant au Docteur Mukwege de pérenniser ses actions salvatrices envers les personnes vulnérables.
Le mouvement de survivantes des violences sexuelles est une plate-forme mondiale qui regroupe les victimes des viols et violences sexuelles, à travers le monde.
Le docteur Denis Mukwege, initiateur de cette plate-forme, a montré que la problématique de viol comme arme de guerre n’est pas une spécificité des guerres congolaises; mais cette calamité se retrouve dans toute les situations des guerres à travers le monde. C’est cette tragédie du viol qui l’a motivé à impulser l’initiation de ces structures sous la houlette de DENIS MUKWEGE FOUNDATION. C’est à travers cette plate-forme que les survivantes du monde entier fédèrent leurs forces et leurs intelligences pour mener un plaidoyer pour leur propre cause.

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