EST-IL POSSIBLE DE DÉVELOPPER LA RDC? LE OUI, MAIS… DU DR MUKWEGE

8 Mai
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EST-IL POSSIBLE DE DÉVELOPPER LA RDC? LE OUI, MAIS… DU DR MUKWEGE

Le professeur Denis Mukwege croit toujours au développement de la République Démocratique du Congo. Lors de l’accueil du ministre norvégien en charge du Développement, ce lundi  6 mai 2019, le Prix Nobel de la paix a esquissé les différents préalables qui doivent être réunis pour que la RDC aspire à un développement intégral. 

Est-il possible de développer la RDC ? Cette question est d’autant énigmatique qu’elle laisse planer un énorme doute au vu du recul qu’a pris la RDC par rapport à ses voisins et à l’ensemble des pays de la planète.  La réponse est pourtant oui, mais… au regard du professeur Mukwege. 

La paix et la sécurité, la valorisation de la femme, la bonne gouvernance,  l’exploitation des potentialités naturelles (que présente la RDC) ainsi que la coopération internationale sont les principaux facteurs qui peuvent, selon président de la Fondation Panzi, conduire au développement du Congo.  

Principal acteur de la restauration de la dignité humaine, le Dr Mukwege a élucidé toutes les pistes qui doivent être exploitées pour que le Congo devienne la grande locomotive d’Afrique qu’il est prédestiné à être.

Dans son speech, lors de son entretien avec ces ôtes de marque, le professeur Denis Mukwege a insisté sur la restauration de la paix et de la sécurité au pays, clé de la réussite de toute initiative visant le progrès. Il est en effet clair que sans ces deux éléments, le mot développement ne peut avoir de place dans le lexique d’un peuple. En RDC, le sous-développement est également une résultante de l’activisme des groupes armés nationaux et étrangers sur le sol national.

 Actuellement, les forces négatives présentes dans les deux provinces du Kivu à l’Est du pays sont évaluées à 132 groupes armés qui tuent, violent, pillent, incendient et causent toute forme de tort aux populations rurales et semi-urbaines. La perpétuation de ces groupes criminels est  la base de la prolifération de l’exode rural et, de surcroit, du rabais de l’économie intérieure.

Le professeur Denis Mukwege est également revenu sur la place de la femme dans la société congolaise. Au vu de son engagement et de son sacrifice, la femme congolaise porte l’économie familiale et communautaire sur ses propres épaules. Elle est omniprésente dans la chaine de production, cela même à ses risques et périls. Elle est en effet considérée comme la seule main nourricière de sa famille, mais cela ne suit pas d’effet au niveau du rendement. Très sollicitée dans la production, la femme congolaise est ignorée quand il s’agit de la rétribution. 

Par égoïsme, dans la gestion et la dernière décision lors de la distribution des revenus et des responsabilités, au sein de la société, la femme est reléguée au dernier plan et est aperçue dans la peau d’imposteur, plutôt que celle de l’héroïne qu’elle est. 

Si l’on s’en tient à la constitution du pays, l’Etat a la prérogative de veiller sur l’égalité des sexes dans tous les domaines de la vie. A ses articles 14 et 15, la loi fondamentale garantit une représentation équitable au sein des institutions nationales, provinciales et locales, garantit la parité homme-femme et martèle fort sur l’élimination des violences sexuelles. 

[Sans préjudice des traités et accords internationaux, toute violence sexuelle faite sur toute personne, dans l’intention de déstabiliser, de disloquer une famille et de faire disparaître tout un peuple est érigée en crime contre l’humanité et puni par la loi]. 

Le professeur Denis Mukwege a également évoqué la mauvaise gouvernance comme un frein au développement de la RDC.  En fat, La RDC a été précipitée dans les arènes des pays sans loi. La corruption bat son plein, et est perçue comme une vertu au sein de la société. Il y a absence totale de l’Etat de droit, d’où l’émergence de l’impunité et la pérennisation du chao.

La Congo est pourtant un des pays les plus riches au monde, en termes de potentialité. Au vu de la fertilité de son sol, de la richesse de son sous-sol, de l’immensité de ses forêts et de sa puissance hydraulique, la République Démocratique du Congo n’aurait rien à envier aux Etats qui se sont développés, si ce n’est l’accès équitable aux ressources et autres opportunités ainsi que l’assainissement du climat des affaires.

Pour le professeur Mukwege, il est important de valoriser l’agroforesterie, de renforcer l’accès à l’éducation pour tous enfants congolais, de donner aux femmes (épine dorsale de l’économie) l’accès aux crédits pour accroître leurs businesses et de créer un marcher pour écouler les produits des travaux des femmes. 

Prêchant par les œuvres, le professeur Denis Mukwege a négocié avec la TMB [une banque partenaire à son institution] pour la mise en place d’une succursale où peuvent se ressourcer des femmes, regroupées en Associations Villageoises d’Epargne et de Crédit, qui souhaitent bénéficier des crédits afin de booster leur activités génératrices de revenus. C’est dans le but de se constituer en garanti pour ces vulnérables  sans ressources.

L’autre aspect qu’a envisagé le professeur Denis Mukwege, pour l’avènement d’un développement réel en RDC, c’est la coopération internationale. La fraternité des peuples des pays amis est un atout majeur dont le Congo a besoin pour relever ses défis et le chao dans lequel il a été engouffré par des longues années de conflits et de gestion irresponsable de la chose publique.

Il en a ainsi appelé à la solidarité du peuple norvégien, représenté aux assises par la délégation conduite par le ministre Dag-Inge ULSTEIN , afin d’accompagner les actions de développement durable en RDC. 

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