La Fondation Panzi répond présent á l’atelier de stratégie nationale pour l’éradication de la fistule obstétricale

Rappelez-vous. Le Professeur Denis Mukwege se prédestinait à l’époque à une carrière de pédiatre, il changea de cap après ses études de médecine pédiatrique. Il découvrit, désarmé et horrifié, une mortalité maternelle et infantile alarmante. Choqué, le Docteur décida de reprendre ses études et de se spécialiser dans la gynécologie obstétrique en France. C’était dans les années 1980.

C’est à partir de ce moment-là que son combat pour les femmes commença par la réparation des femmes victimes des violences sexuelles.

Les soins des fistules devint une spécialité particulière. Cette dernière est une pathologie qui se traduit par une communication anormale entre deux cavités du corps avec écoulement de liquides. Les plus courantes sont les fistules vésico-vaginales (vessie et vagin) et recto-vaginales (rectum et vagin).

Cette pathologie très incommodante rend les femmes incontinentes, aussi bien pour les urines que pour les selles. Cela a des conséquences sociales très importantes.

En effet, beaucoup de femmes atteintes de cette pathologie, sont par ignorance de leurs proches, rejetées de leurs communautés, reniées par leurs familles, chassées par leurs maris.

Cette pathologie est même assimilée dans certaines parties de la RDC à de la sorcellerie. C’est une maladie qui a des conséquences dramatiques. Ces conséquences sociales engendrent aussi de grandes difficultés psychologiques et économiques.

Les deux types de fistules mentionnées plus haut peuvent être causées soit par des agressions sexuelles d’une extrême barbarie, phénomène mis en lumière par le Professeur Denis Mukwege ou par des accouchements compliqués qui n’ont pu bénéficier de prise en charge adéquate. Ces pathologies persistent en République Démocratique du Congo alors qu’elles sont quasi inexistantes dans bon nombre d’autres pays du monde. Les femmes de la République Démocratique du Congo sont victimes de deux choses que beaucoup d’autres pays ne connaissent plus: le viol comme arme de guerre et une prise en charge médicale non systématique pour les accouchements.

Dans  cette optique se clôturait le jeudi 1er mars 2018, l’atelier sur la validation de la stratégie nationale de l’élimination de la fistule obstétricale au Centre d’accueil Caritas à Kinshasa Ngombe. L’objectif de cet atelier, qui a duré  deux jours, est d’éradiquer les cas de fistules obstétricales en République Démocratique du Congo d’ici 2030.

Monsieur Keita Oashi représentant RDC du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) parle d’une lutte de longue haleine dans un pays ou toutes les femmes ne bénéficient pas de soins appropriés ou pas de soins du tout, surtout lorsqu’il s’agit d’accouchements avec complications.

Docteur Christine Amisi, Secrétaire Exécutive de la Fondation Panzi et Responsable du projet fistule au sein de la même Fondation a pris part à cet atelier. Elle a donné les résultats des recherches fouillées du Projet ICART (Centre International de Recherche de Formation Avancée) par rapport á cette pathologie. De 1999 á décembre 2017, l’Hôpital Général de Reference de Panzi a réparé 5 935 femmes atteintes de fistules. Elle croit à l’objectif zéro fistules en République Démocratique du Congo car la stratégie comprend la prévention, le traitement, la réinsertion et bien sûr une indispensable volonté politique. « C’est un grand évènement et un grand pas cela fait 10 ans que nous travaillons dans ce programme sans jamais avoir eu un plan stratégique au niveau national » se réjouit le Docteur.

Le Professeur Denis Mukwege est l’un des grands militants au niveau international de cette pathologie à travers son travail de médecin dont il jouit aujourd’hui d’une renommée mondiale mais également par son activisme auprès des femmes survivantes de viol comme arme de guerre en République Démocratique du Congo.

Qu’elle provienne d’une agression sexuelle ou d’origine obstétricale la fistule est un fléau pour la RDC car elle détruit nos femmes, nos familles, nos communautés et notre société. C’est avec espoir que nous saluons cette initiative concernant la fistule obstétricale qui nous l’espérons, permettra à nos mamans congolaises de donner la vie sereinement en bénéficiant de soins appropriés.

« Le voeu le plus cher du personnel soignât. De notre hôpital (Panzi) est de ne plus parler de victimes de violences sexuelles ; notre rêve est de consacrer notre énergie, non plus a réparer les bêtises humaines mais á aider les femmes a donner la vie, á accompagner les jeunes femmes désireuses de maternité ; á soigner d’autres pathologies » ne cesse de souligner le Professeur Denis Mukwege.

partager cet article
Share on Facebook0Share on Google+0Tweet about this on TwitterShare on LinkedIn0