LA CYBERDEPENDANCE : UNE RÉALITÉ DANS NOTRE SOCIÉTÉ

16 Mai
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LA CYBERDEPENDANCE : UNE RÉALITÉ DANS NOTRE SOCIÉTÉ

L’usage de l’outil informatique peut causer des graves conséquences sur la santé mentale et physique lorsqu’il n’est pas suivi d’une série de précautions. C’est l’essentiel du message livré par  le Dr Philippe Amani, psychiatre à l’Hôpital Général de Référence de Panzi  et responsable du projet Santé Mentale au sein de la Fondation PANZI, au cours d’une conférence animée à l’intention des étudiants de l’Université Evangélique en Afrique (UEA), le jeudi 9 mai 2019.

En dehors des différents bienfaits qu’il a apporté aux intellectuels, surtout dans le domaine de la recherche, l’ordinateur [et autres appareils du genre] peut entrainer des sérieuses complications de santé chez l’Homme.

Parmi les cas de troubles psychiatriques que reçoit le département de psychiatrie de l’Hôpital de Panzi, certains sont liés à la cyberdépendance. Cette pathologie, liée à l’usage abusif des outils de nouvelle technologie, est de plus en plus identifiée dans le milieu des intellectuels.

Au sortir de la conférence, le psychiatre Philippe Amani Busane a démontré que des problèmes de ce genre sont enregistrés dans la structure qu’il sert, mais se manifestent de manière, on ne peut plus voilée. La reconnaissance et la mise en évidence de cette pathologie nécessite donc une expertise spécifique, comme l’a souligné le médecin.

« Le problème de cyberdépendance se présente comme un problème secondaire. Le malade arrive à l’hôpital soit avec un problème de dépression, soit il arrive avec un problème de trouble somatoforme comme des céphalées chroniques […] Il va présenter les problèmes, comme  les céphalées, qui l’amènent à consulter. Lorsqu’on va approfondir l’anamnèse, là on va se rendre compte que le problème  a été causé par l’utilisation abusive de l’internet », a révélé le Dr Philippe Amani.

Pour pallier à ce fléau, le personnel traitant de l’Hôpital de Panzi, s’attaque au mal de manière graduelle. Après la stabilisation des troubles somatoformes, le prestataire procède à la prise en charge de la problématique mère, la cyberdépendance.

«  Notre approche dans la prise en charge, consiste à stabiliser en premier les troubles somatoformes qui ont motivé le malade à venir se faire consulter.  Ensuite, nous motivons la prise en charge de la cyberdépendance parce que c’est ce qui constitue l’éthologie  ou la cause de ces manifestations », a-t-il ajouté.

Actuellement, la majorité d’intellectuels dépendent de l’internet. A l’université, des jeunes étudiants sont naturellement tournés vers l’usage de l’internet car il permet la célérité dans les recherches. Cependant, les usagers d’internet semblent ignorer les conséquences découlant de l’usage abusif de cet outilInconsciemment et en vertu de l’habitude acquise, des jeunes étudiants finissent par développer une dépendance envers la machine.

«La plupart de temps, ce sont des jeunes adolescents et des jeunes adultes de moins de 35 ans, vivant soit en milieux universitaires, soit des professionnels qui consacrent plus de temps à se connecter. Et c’est le fait de se connecter régulièrement qui conduit à la dépendance à l’outil internet sans pour autant le savoir », a reconnu le Dr Philippe Amani.

La communication animée par le psychiatre de Panzi, a permis d’interpeller la crème intellectuelle à un usage rationnel de la nouvelle technologie. Pour le psychiatre Philippe, la sensibilisation sur le côté nocif de la cyberdépendance devait figurer parmi les préoccupations du pouvoir public ayant l’enseignement dans ses attributions.

« Avec le Ministère de l’enseignement supérieure et Universitaire, voire l’enseignement primaire et secondaire, nous devrions comprendre que l’internet est un outil indispensable mais aux conséquences fâcheuse quand il est mal utilisé ».

En guise de recommandations, le Dr Philippe préconise la restriction de l’usage d’internet à l’école et l’instauration d’un ordre collectif éloignant par moment les étudiants [et élèves]de leurs ordinateurs et Smartphones.

Pour appuyer l’orateur du jour, un des participants a rappelé à l’assemblée la nécessité de la modération dans l’usage de l’internet et toute autre pratique pouvant avoir des répercussions sur l’intégrité physique et psychique de l’utilisateur.

«C’est important parce qu’on ne va pas utiliser les appareils jusqu’à développer des maladies, et donc c’est important de savoir qu’à un moment on peut s’arrêter, se discipliner», a-t-il ajouté.

Notons que la jeunesse est la principale cible de la cyberdépendance étant donné que nombreux jeunes passent tout leur temps devant leurs écrans, soit pour des recherches soit pour des discussions sur des réseaux sociaux. A en croire le spécialiste, cette dépendance amortit l’humain sur plusieurs dimensions. Ses inconvénients ne sont pas seulement psychiques, ils sont aussi physiques. Céphalées intenses, trouble de vision, obésité, insomnie,  douleurs neurologiques (syndrome du canal carpien), douleurs au dos et négligence de l’hygiène corporelle s’associent à des troubles psychiques issus de l’usage abusif de l’internet.

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