« Il est l’un des meilleurs d’entre nous », les pairs du Professeur Denis Mukwege s’expriment à son égard.

« Nous étions en 1996 lorsque le Docteur Mukwege construisit l’hôpital de Panzi sur les ruines d’un camp de réfugiés. A cette époque nous étions dans un désespoir absolu car Monseigneur Muzihirwa qui semblait donner la lumière vient d’être assassiné, nous passons quatre ans de rébellion où personne ne peut manger mais dans cette crise un homme se demande pendant combien de temps il va gérer ces conséquences, aujourd’hui nous sommes à l’étape où grâce à son action nous allons au-delà des conséquences pour nous attaquer aux causes » nous rappelle le Professeur Nyaluma, enseignant de droit à l’Université Catholique de Bukavu.

Le Professeur Kaganda qui enseigne la sociologie à l’Université Evangélique de UEA, rappelle le parcours du combattant Professeur Mukwege dont il ne cesse de louer les mérites.

Cela fait plus de deux décennies que le Chirurgien gynécologue connu internationalement comme étant « l’Homme qui répare les femmes » œuvre pour ses concitoyens à travers différentes œuvres qu’il a réalisé dans la ville de Bukavu et dans la province du Sud Kivu. Ses collègues professeurs qui sont intervenus à la conférence au Collège Alfajiri à Bukavu ce vendredi 9 mars 2018 ont donné leurs sentiments sur leur collège estimant qu’il était sans conteste le meilleur d’entre eux.

Le Professeur Jacques Ndjoli enseigne le droit à l’université de Kinshasa. Il est émerveillé par ce qu’il a vu à Bukavu, notamment à Panzi qu’il ne croyait être qu’une petite périphérie de Bukavu. Il voit dans Panzi tout le travail abattu par le Docteur Mukwege, comme une concrétisation de sa vision et de son amour pour son prochain. En effet, la présence de l’hôpital de Panzi, la Fondation Panzi ont créé une effervescence et en a fait un centre névralgique de la ville de Bukavu pour ne pas dire de la province du Sud Kivu : « Toute la capacité d’un seul homme, le Professeur Denis Mukwege, nous démontre que nous pouvons être le centre du monde. Cette démarche holistique auprès de nos sœurs et de nos mères, cette élévation de l’esprit et de la pensée qui se fait à Panzi est une lumière dont nous devons nous accaparer. Cette rencontre entre la pensée et l’action dans un environnement qui était à l’abandon mais qui a aujourd’hui ses habitants prêts à reconstruire le Congo à partir d’un point qui s’appelle Panzi. Nous devons nous baser là-dessus pour avoir les bases de la reconstruction du Congo. »

Le professeur André Mbata enseigne le droit à l’Université d’Afrique du Sud et de Kinshasa. Pour lui, le Professeur Denis Mukwege est un homme qui fait honneur à la République Démocratique du Congo. Il illustre cette affirmation par les nombreux prix qu’a reçu le Docteur, prix qui n’ont jamais servis à ses fins personnelles mais au contraire à « contribuer à la renaissance de la nation » de par les investissements qu’il a effectué dans tous les projets liés à son activisme auprès des femmes victimes de violences sexuelles dans la province du Sud Kivu.

Professeur Mbata poursuit. A travers la pensée de Frantz Fanon, célèbre écrivain anticolonialiste qui a écrit : « Chaque génération doit dans une situation de relative opacité découvrir sa mission, l’accomplir ou la trahir » fait un lien avec la vie du célèbre Docteur, ce dernier ayant choisi de ne pas trahir sa mission malgré les multiples obstacles, dangers et menaces de mort dont il a été victime et continue de vivre. C’est ainsi qu’il évoque les paroles de Nelson Mandela que celui-ci prononça lors de son procès à Rivoni où il était condamné à mort : « Liberté pour tous les hommes, hommes et femmes, blancs et noirs, rouges ou jaunes, riches ou pauvres. Les valeurs de liberté, les valeurs d’égalité les valeurs pour tous, ce sont des valeurs pour lesquelles s’il le faut, nous sommes préparés à mourir ». Il observe la même détermination chez le Docteur Mukwege.

Le Professeur Alphonse Mahindo, enseigne les sciences politiques à l’Université de Kisangani. Dans la même lignée, il fait un parallèle avec Moïse, ce personnage biblique qui libéra son peuple de la servitude et de la domination du Pharaon. Tout comme Moïse, le Professeur Mukwege a eu le courage de demeurer auprès de son peuple, de se battre pour lui en renonçant à tout le confort qu’il aurait pu avoir en choisissant une autre voie à laquelle il avait et a toujours facilement accès : « C’est un homme exceptionnel. Il résume tout ce que chacun d’entre nous voudrait être un jour, un homme de foi, une foi qui se traduit par ses œuvres […] Pour moi il apparait comme un véritable libérateur […] Je suis fier de rencontrer cet homme, de discuter avec lui pour partager des idées afin de faire avancer notre nation vers une meilleure gouvernance, vers une grande destinée, celle d’être le moteur de l’Afrique.»

Kennedy Kahangi est professeur de droit à l’Université libre des pays des grands lacs à Goma. Il voit le Docteur Mukwege comme un espoir. Il constate que le travail du Professeur à travers la Fondation et l’hôpital a attiré comme un aimant un très grand nombre de personnes, ces personnes ont quitté leur milieu d’origine pour venir vivre à Panzi où ils peuvent bénéficier de soins de qualités et d’une prise en charge holistique : « C’est un homme du peuple qui veut trouver des solutions aux problèmes de son peuple, il donne de l’espoir à travers ses actions. Il est apprécié par le peuple qui est tout autour de lui, il fait la fierté de la république toute entière, il a fait ses preuves tant au niveau national qu’international » estime

Tout ceci nous rappelle ces paroles prononcées un jour par le Professeur Denis Mukwege : « Un vrai leader ne s’auto proclame pas, il est le fruit de son engagement pour l’accomplissement des aspirations de son peuple »

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