Maison Dorcas

Brève présentation de la Maison Dorcas

La Maison Dorcas est un Centre de Transit et d’Autonomisation de la femme. 

Ce Centre organise l’hébergement et les formations professionnelles visant à redonner aux femmes et filles survivantes des violences sexuelles, celles basées sur le genre et d’autres femmes et filles vulnérables des environs de l’hôpital général de référence de Panzi, qui sont les bénéficiaires des services de la Maison Dorcas, un pouvoir économique et ainsi contribuer à la vision de la Fondation Panzi, celle de voir émerger les femmes comme actrices à part entière dans une société où règne la cohésion sociale.

Pour y arriver, la Maison Dorcas se fixe les deux objectifs spécifiques ci-après :

  1. Améliorer les conditions de vie des femmes et filles prises en charge au sein de la Maison Dorcas (transit).
  2. Participer à la stabilité socio-économique des femmes et filles inscrites au programme de Maison Dorcas par les formations professionnelles.
  3. Centre de Transit :

Ce service est offert a toutes les femmes et filles ayant été reçues à l’hôpital Général de référence de Panzi et qui nécessitent des formations théoriques et pratiques avant leur retour dans leurs communautés d’origine.

Maison Dorcas offre d’abord un hébergement/logement à court-terme aux femmes qui ne peuvent pas retourner chez elles immédiatement après leur traitement à l’hôpital de Panzi.   On leur offre de la nourriture et un logement dans un environnement protégé pour qu’elles profitent au mieux des services leurs pourvus.  Pour que les femmes et les filles soient capables de réintégrer leurs communautés, il n’est pas souhaitable que leur séjour soit long à Maison Dorcas, mais il s’observe des exceptions au cas-par-cas.

Différentes femmes ont différentes raisons de rester:

  • Beaucoup d’entre elles sont à Maison Dorcas pour recevoir un appui psychosocial et/ou socio-économique pour faciliter leur réintégration dans leur milieu d’origine ;
  • Certaines d’entre elles y restent pendant leur reconstitution physique après ou entre les opérations. Les femmes vivant loin de Panzi peuvent séjourner à Maison Dorcas pendant une, deux semaines ou un mois pour être à mesure de répondre au rendez-vous de suivi à l’hôpital. 
  • Certaines femmes et filles ne sont pas acceptées à retourner chez elles par leurs maris ou parents et reçoivent un counseling familial, des médiations ou si appui nécessaire, trouver un nouveau domicile.

Les enfants restent à Maison Dorcas ensemble avec leurs mères si elles ne peuvent pas les laisser sous la prise en charge d’un membre de la famille ou de quelqu’un d’autre.  Ceci leur permet de participer et profiter de l’appui psychosocial et socio-économique malgré la charge des enfants dépendants.  Parmi ces femmes et filles on a celles enceintes qui attendent l’accouchement, les accouchées qui attendent la reconstruction physique et la formation en métiers, celles qui sont accompagnées de leurs enfants en âge scolaire, les enfants abandonnés par leurs parents, les porteuses des fistules, les séropositives à cause du viol subi,… La plupart de ces filles ont abandonné leurs études sans le vouloir (à cause du viol) mais elles ont des rêves pour l’avenir.

Le transit est un lieu de regroupement pour réduire les tendances qui les opposent à travers des sensibilisations et conscientisait à la vie en commun, la cohabitation et la cohésion sociale. Il n’y a pas de discrimination ayant trait à l’origine ou à la tribu.  Au sein du centre, la réintégration sociale commence par le regroupement de femmes dans les différentes activités organisées.

Les femmes et filles en transit reçoivent les services spécifiques suivants :

– la nourriture : 3 repas équilibrés par jour

– l’appui psychosocial : étant donné leur passé émotionnel et psychologique, les femmes sont prises en charge au cas par cas.  On organise des activités récréatives comme les sports notamment le football et les sorties, les activités de danse, le karaté avec deux objectifs (la reconstruction physique et une décharge émotionnelle), l’ergothérapie (la fabrication des paniers, la boulangerie, l’art culinaire et le jardinage), les écoutes individuelles et collectives par les psychologues, et par-dessus un programme de thérapie par la musique (musicothérapie).

– l’appui médical : un dispensaire est tenu au sein du transit pour les soins d’urgence.  La prise en charge médicale au dispensaire est assurée par deux infirmiers. Pour des cas compliqués, le dispensaire réfère les cas à l’hôpital général de référence de Panzi pour une prise en charge appropriée. En 2016, 130 femmes, filles et dependants ont reçus les services d’hébergement de la Maison Dorcas. Parmi elles, 36 sont sorties en cours d’année et 94 dont 48 adultes et 46 enfants ont terminéel’année.

  1. Centre de formation/centre d’apprentissage:

En tant que centre de formation pour l’autonomisation de la femme, nous recevons les femmes vulnérables en provenance des communautés environnant l’hôpital de Panzi. Ces femmes sont des veuves, des femmes abandonnées par leurs maris pour diverses raisons, des femmes seules sans ressource financière pour prendre en charge leurs familles, des femmes victimes des violences domestiques, des jeunes filles mères n’ayant pas eu la chance d’étudier, les jeunes filles orphelines et a risque de prostitution… Les femmes et filles en transit participent aussi aux formations dans différents groupes de femmes vulnérables en provenance des communautés autour de l’hôpital de Panzi.  Ceci leur évite la stigmatisation et prépare leur réintégration.

Les formations organisées au centre leur permettront de jouir pleinement de leurs droits et d’autres avantages leurs dévolus.

  1. Formations en alphabétisation fonctionnelle par l’approche participative ”Reflect” à travers laquelle on développe des thèmes en renouvellement des capacités des vies dans le domaine des droits des femmes, du bien-être à travers la conscientisait sur les thèmes relatifs à la santé en général et la santé de la reproduction en particulier ; une formation en compétences d’affaires (le marché, l’offre et la demande, le marketing, l’entreprenariat féminin, la tenue d’une petite comptabilité, une formation sur les coopératives). En 2016, 767 femmes et filles ont reçu les diverses formations dont 153/170 soit 90% peuvent lire, écrire une courte lettre en swahili, calculer et compter. 99 sur 170 en alphabetisation soit 58.2% peuvent lire et écrire un cours paragraphe en français.  ;
  2. Les formations pratiques à travers les formations en métiers professionnels.

Ces formations professionnelles sont organisées pour outiller les femmes et leur donner des compétences utiles afin qu’elles se constituent un pouvoir économique qui pourra leur faciliter la réintégration communautaire. Un total de 767 femmes et filles ont étéformées dont  170 en alphabetisation, 178 en broderie, 182 en vannerie ou fabrication des paniers et 237 en coupe et couture.

Pour nous rassurer que les femmes ont reçus des formations qui leur seront utiles économiquement, une étude de marché est conduite pour évaluer la rentabilité et la viabilité économique des métiers professionnels dans lesquels les femmes sont formées.

Ainsi chaque femme opère un choix d’un métier dans lequel elle sera formée et qui pourra l’aider à atteindre ses propres objectifs.

Ainsi, pour le moment nous organisons les formations dans les métiers suivants : la broderie, la vannerie/fabrication des paniers et la coupe et couture.  Il faut noter que chaque femme/fille peut choisir un métier parmi ceux énumérés mais elle a aussi le choix entre une autre activité génératrice de revenu parmi ceux-qui suivent : la boulangerie, la fabrication du savon et l’extraction du lait de soja. 

A l’issue de la formation, il est octroyé à chaque femme un kit de réintégration qui sert de kit de démarrage de l’activité à lancer pour sa réintégration socioéconomique. Les 189 femmes ayant reçu les kits en 2016 se sont organisées en 23 groupes solidaires dans leurs communautés et commencent a travailler ensemble afin de couvrir certains besoins de base dans leurs menages.  Certaines femmes commencent a être consultées par leurs maris par le fait de la participation aux dépenses des ménages ce qui leur donne une certaine dignité.

En plus de la formation des vulnérables, le Centre Dorcas qui se veut un centre d’opportunités des femmes organise la formation en informatique en faveur des jeunes filles et femmes en quête d’emploi et dont les chances de compétitivité sont réduites par manque de cette qualification. 

En 2016, un total de 360 femmes et filles a été formées en informatique et parmi elles seules 283 ont fini les formations dont 220 ont satisfait à l’évaluation finale. Elles ont étéformées dans les logiciels windows word, excel et powerpoint.  Une cérémonie de remise des brevets sera organisée au cours du premier trimestre de l’année 2017. Ces femmes et filles sont rendues capables de compatir avec les autres et accéder à un emploi pour améliorer les situations socio-économiques.

Au cours de l’année 2016, 767 constituant les effectifs finaux des femmes et filles encadrées au sein du centre.  Parmi elles, 384 représentant 50.1% d’inscrites en 2016 ont fini les formations et attendent la remise des kits de reintegration et 383 continuent les formations qu’elles vont terminer en 2017.
En plus de femmes formées, le centre a facilité la scolarisation de 35 enfants dépendants et autres jeunes filles et garçons abandonnés.  Ceci a beaucoup impacté leur vie sociale car autrefois rejetée sans assistance pour se retrouver parmi les autres enfants a l’école, aujourd’hui entrain de se battre pour occuper les meilleures places en classe.

Au cours de cette année, il a étéorganisée une cérémonie de remise des kits de réinsertion en faveur de 189 femmes et filles pour leur réintégration communautaire.  Les kits pour 384 autres femmes et filles en attente seront distribués dès que la logistique sera prête.  Il faut noter que le processus d’achat desdits kits a déjà été lancé.

En plus des formations dispensées aux femmes et filles, il a été organisé des sensibilisations conjointes aux bénéficiaires et à leurs conjoints sur la santé de la reproduction.  Comme résultat, 40% des bénéficiaires sensibilisées se sont dirigées vers le service du planning familial pour y recevoir une méthode de contraception.  Les jeunes ont été sensibilisées sur les IST/VIH sida et comment les prévenir.  Il a été constaté beaucoup d’intérêt car la demande des seances similaires a été forte et chez les conjoints des bénéficiaires et chez les jeunes.

La Maison Dorcas dispose d’un studio d’enregistrement des chansons.  Son programme de de musicothérapie a reçu 683 femmes et filles au cours de l’année finissante.  3 albums ont été produits et 3 concerts organisés.  Il faut noter que ce programme dont les chansons sont un outil artistique qui permet aux individus de recouvrer à partir des leurs expériences traumatiques.  Les chansons belles et évocations écrites par les artistes les aide à réclamer leur avenir en redéfinissant leur passé.  Les tendances actuelles de la recherche menées par ICART et l’Université de Michigan révèlent des améliorations à travers les trois dimensions de la santé mentale à savoir: l’anxiété, la depression et les Troubles et stress Post-traumatiques.

  Les femmes et filles en musicothérapie, avaient deux fois amélioré leur situation d’anxiété que celles n’ayant pas participé à ce programme.  80% de ces femmes et filles ont amélioré leur situation de PTSD que celles n’y étant pas agréées.  Les chansons sont devenues un outil puissant de plaidoyer.  Les chansons produites par ces femmes sont diffusées dans les chaines de radios locales et avons des feedbacks constructifs de la part des auditeurs.  

Grace à ce programme, il a été constaté beaucoup de changements positifs dans les vies des bénéficiaires. Lors des concerts publics organisés, il est constaté la manifestation du courage pour briser le silence et parler publiquement de ce qui fait mal afin de se décharger et d’éduquer, sensibiliser la communauté à ne plus répéter la même situation et ainsi il y a l’estime de soi qui s’installe.

Il faut aussi noter qu’en 2016 d’autres activités psychosociales ont été organisées notamment: les activités sportives telles que le football et l’autodéfense (karaté). En 2016, les filles du centre de la Maison Dorcas ont livré deux matchs: Un match nul contre l’équipe soeur de la Cite de la joie et une défaite contre une équipe Etoile du matin, une équipe feminine affiliée au championnat provincial. La danse thérapie est aussi utilisée comme outil de reduction de stress, de cohesion et de reconstruction physique a travers la gymnastique rythmée a travers les chansons.  Ces activités sont des occasions au cours desquelles les filles se mesurent et ceci augmente leur estime de soi.

Signalons que les filles faisant le karate sont confiantes en elles mêmes et commencent à demander d’organiser une compétition avec un club affilié.

Il a aussi été organisé des génies en herbes entre les enfants de la Maison Dorcas et ceux de la communauté environnante, une occasion pour ces enfants de se mesurer avec les autres enfants socialement considérés comme privilégiés. Ces occasions ont été très enrichissantes.  On constate qu’il y a des enfants de Dorcas qui s’ensortent mieux que ceux ayant des parents ou dont les parents n’ont pas de cachet social. A l’issue des formations au sein de notre centre d’excellence et d’opportunités pour les femmes;

  • On a les femmes informées et formées sur leurs droits, les femmes dont leur prise de conscience à leurs droits est éveillée et capables de les revendiquer;
  • Des femmes et filles qui sont confiantes en elles mêmes, qui ont développé l’estime de soi grace aux diverses activités psychosociales dans lesquelles elles ont été impliquées;
  • Des femmes dont les capacités sont renouvelées et prêtes à exercer leurs droits;
  • Les femmes capables de générer un revenu (qui ont un certain pouvoir économique);
  • Les femmes qui quittent l’attentisme et qui peuvent contribuer à la vie du ménage et de la communauté par leurs activités génératrices de revenu;
  • Des femmes valorisées par leurs maris sensibilisés sur les droits de leurs épouses

Par exemple on a 3 cas de femmes en coupe et couture (qui étaient déjà séparées mais se sont réunifiées grâce aux sensibilisations conjointes conduites),

Il faut noter que les femmes en formation au sein du centre sont des femmes qui vivent au jour le jour.  Leurs minutes sont bien comptées. Certaines doivent aller porter les fardeaux pour nourrir leurs enfants, d’autres doivent prendre les marchandises des autres femmes pour les revendre à d’autres prix et ainsi gagner la différence pour faire vivre leurs familles.  Bref, leur pouvoir économique à l’entrée est presque inexistant.

A cause de cela, le taux de participation aux formations n’est pas celui attendu et le taux de déperdition est élevé et les raisons sont notamment les maladies, les voyages/déplacements et d’autres absences injustifiées.  Au cours de cette année, le taux moyen de participation a été de 83.1% et le taux de déperdition était de 4%.

Pour cela, si nous prenions en charge même 1 enfant de chaque femme en formation, cela peut lui faciliter non seulement la participation active au programme  mais aussi avoir d’autres charges couvertes car elle aura épargné les fonds qu’elle dépenserait pour la scolarisation d’un enfant.

Maison Dorcas, qui se veut un centre d’excellence offre au public, une grande salle de conférence, un cadre idéal pour la tenue des conférences et séminaires.  Cette salle a une capacité de 400 places assises.  La demande de nos services est forte mais nos ressources financières pour y répondre sont très limitées.

Apr 20, 2016 | Posted by | Comments Off on Maison Dorcas
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