Les prestataires de santé de la ville de Bukavu ont reçu une formation sur l’approche santé mentale, les signes pathologiques et les techniques de prise en charge de troubles psychologiques.

Le service de santé mentale de la Fondation Panzi RDC a organisé un atelier de six jours, à partir du lundi 13 jusqu’au samedi 18 novembre 2017, à l’intention des médecins et infirmiers responsables  venant de trois zones de santé de la ville de Bukavu. L’objectif de ces assises était d’outiller les prestataires de santé de la ville de Bukavu d’une connaissance leur permettant d’identifier les causes des problèmes de santé mentale, qui affectent nombreux patients se présentant dans les structures sous leur responsabilité, afin de leur réserver une prise en charge appropriée et adéquate.

Dans le cadre de la mise en œuvre du modèle holistique de Panzi, le pilier psychosocial s’est fixé l’objectif d’intégrer la composante santé mentale dans les soins de santé primaire. Dans cette optique, les prestataires de santé doivent procéder, en même temps, au diagnostic médical et psychosocial pour une prise en charge complète.

Nombreux cas de rétrogradation de santé sont souvent dus à des problèmes mentaux et ne nécessitent, donc, pas un diagnostic ni un traitement physique ordinaire. Pendant très longtemps, cela a pourtant été les cas ! Des troubles psychologiques graves faisaient l’objet d’un  traitement inapproprié faute de connaissance en soin de santé mentale dans de la part des prestataires des soins.

La formation sur la  prise en charge psychosociale et santé mentale des malades , qui a duré six jours, a permis aux responsables des structures de santé de se mettre à niveau par rapport à l’approche santé mentale.  Les quatre premiers jours ont été consacrés à des séances théoriques, histoire d’inculquer aux participants un bagage suffisant en matière de troubles psychologiques et autres questions de santé mentale. Ces séances théoriques ont connu la facilitation de deux psychologues, tous provenant du service de Santé mentale de la Fondation Panzi ; il s’agit de Pascal MURHULA et Evariste KAJIBWAMI, qui ont été accompagnés monsieur Théophile KASHIZI, le psychologue de la Division provinciale de Santé mentale.

Les deux derniers jours de formation ont été réservés à la partie pratique. Au cinquième jour, les participants, subdivisés en groupes de travail, ont été lancés sur terrain, dans différents services de l’hôpital général de référence de Panzi. Cette descente sur terrain avait pour but de mettre  en application les notions apprises lors des séances précédentes. Au jour de clôture, le samedi 18 novembre 2017, les différents groupes ont exposé les résultats  de cet exercice qu’ils ont effectué à titre expérimental.

Les facilitateurs ont été enchantés par l’aptitude dont les formés ont fait montre. Cependant,  selon Pascal MURHULA, des efforts doivent encore être fournis par les participants afin d’offrir une bonne prise en charge à leurs patients.

Déjà formés, les participants ont été appelés à intégrer la composante santé mentale au sein des leurs structures. Par ailleurs, il leur a été recommandé, en cas de nécessité, de référer les cas qui leur semblent compliqués aux psychologues présents dans les trois zones de santé de la ville, Ibanda, Kadutu et Bagira, pour une prise en charge spécifique.

Les participants à cette formation, qui sont des responsables de structures de prise en charge sanitaire, ont manifesté leur satisfaction par rapport à la tenue et la quintessence de cette séance de capacitation. Pour nombreux, les acquis de cette formation vont leur permettre de corriger certaines erreurs qu’ils commettaient, par ignorance, dans l’exercice de leur profession. Ils ont promis de capitaliser cette connaissance et se l’approprier afin d’en faire usage dans leurs prestations quotidiennes, pour offrir à la communauté  une prise en charge parfaite et complète.

La formation n’ayant pas concerné tous les acteurs du service sanitaire de la ville de Bukavu, les participants se sont engagés à restituer  les notions apprises, sur la sémiologie santé mentale et la prise en charge psychosociale, à leurs confrères restés dans leurs institutions respectives, afin de pérenniser  cette pratique salutaire.

Cette formation vient suppléer à celle qui avait déjà été offerte aux relais communautaires et aux superviseurs de diverses aires de santé, dans  le souci d’offrir un paquet complet de service aux patients, dans les divers postes de santé. Un mécanisme de supervision sera mis en place, par le département de santé mentale de la Fondation Panzi, afin de s’assurer de la mise en application, par les différents prestataires formés, des acquis de cette formation.

Avant Bukavu, cette formation avait déjà été offerte aux prestataires de soin de 31 zones de santé rurales de la province du Sud-Kivu. Le coordinateur du Projet Santé mentale à la Fondation Panzi, monsieur MASHEKA Hilaire, se dit satisfait des résultats de ce programme, dans le territoire d’Idjwi où une mission de suivi a déjà été organisée. Il témoigne que « Plusieurs structures médicales de cette contrée procèdent, depuis leur formation, à ce diagnostic complet », et espère que ce modèle sera suivi par les prestataires de santé d’autres territoires.

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