Le professeur Buuma et le professeur Linda forment les mamans chéries

Les formateurs de War Trauma apprécient la lucidité que mettent les psychologues, et les assistantes psychosociales, dans l’appréhension des notions qu’ils leurs transmises pendant une semaine.

Ce duo, constitué du Prof Buuma et de madame Linda, a dispensé à l’équipe psychosociale de Panzi, une formation spécifique portant sur le développement de l’enfant et sur la théorie de l’attachement.

Ces assises se sont tenues du 7 au 11 mai et ont concerné tout le personnel du pilier psychosocial de la fondation Panzi et de l’Hôpital général de Panzi. Traditionnellement impliqué pour la réparation mentale des victimes des violences sexuelles, dont des enfants abusées dès le plus bas âge, cette équipe a accueilli cette capacitation à bras ouverts.

« Cette formation va apporter un plus dans la mesure où elle a abordé la relation entre l’enfant et d’autres figures d’attachement, des personnes qui peuvent constituer des ressources pour les enfants et notamment pour les enfants abusés, des enfants victimes des viols et violences sexuelles », a confié le psychologue clinicien Evariste Kajibwami, au terme de cette formation.

La prise en charge psychologique des êtres abusés dans leur intimité la plus profonde est loin d’être une problématique ordinaire. Elle nécessite un perpétuel perfectionnement en vue d’offrir une excellente prise en charge aux patientes qui viennent, souvent sur une note de désespoir accru. Ainsi, en plus de la forte expérience qu’elles ont acquise de leur longue carrière, les assistantes sociales de Panzi, affectueusement appelées Mamans Chéries,  ont beaucoup appris et se sentent susceptibles de perfectionner davantage leur prestation.

« Nous avons découverts des thèmes qui nous sont très utiles par rapport à la formation… ça nous ajoute autre chose pour orienter ces enfants [victimes des violences sexuelles] et pour les aider de plus en plus », a reconnu madame Rosette Chiterha , infirmière et assistante psychosociale affectée au service SVS.

Activement impliquée dans l’encadrement des survivantes des viols, la Fondation Panzi comprend une structure spéciale, qui se charge de la prise en charge des enfants victimes des violences sexuelles .  « Les enfants de Panzi et d’ailleurs » est le nom de ce projet.

Ses actrices ont particulièrement été émues de la tenue de cet atelier, axé sur la problématique constituant leur mission régalienne.

« Il y avait beaucoup de questions qu’on se posait mais, par la formation et les formateurs, nous avons appris comment prendre en charge les enfants victimes des violences sexuelles … Nous avons eu beaucoup d’intérêt en étant formés sur les figures d’attachement » Ashuza Shekinah, APS au projet les EPA, qui reconnait avoir identifié des lacunes qu’elle commettait par inadvertance.

Si la formation a été d’un apport important aux formé, il n’en a pas été moins pour les formateurs. Tous les deux éminents professeurs d’université, Buuma et Linda ont particulièrement été touché par la passion qui caractérise ce personnel qu’ils ont eu le bonheur de rencontrer et de côtoyer.

« C’est un travail énormément lourd, il y a toujours ce sentiment d’impuissance parce qu’il y a tellement de choses graves qui arrivent, et on ne peut pas tout solutionner… mais quand-même, il y a beaucoup de femmes très fortes dans l’équipe qui sont très intelligentes et qui ont la capacité de voir quoi faire de leur rôle comme APS ou comme psychologue », s’est exclamée la hollandaise Linda, ayant par cette occasion découvert la réalité de la RDC.

Le professeur Buuma, natif de Bukavu mais parti parfaire sa formation au Canada, s’est montré très admiratif du dévouement qui caractérise l’équipe de Panzi. Il s’est dit flatté de trouver « des personnes très dédiées au travail qu’ils font, c’est un travail qui demande beaucoup de l’énergie au niveau des émotions du personnel ».

Les deux éminents universitaires, se disant honoré d’avoir fait connaissance avec le philanthrope Denis Mukwege, et toute cette merveille équipe, n’ont pas caché leur admiration envers l’homme qui répare les femmes. Par ailleurs ils regrettent de témoigner de la situation d’insécurité qui lui est injustement imposée, en dépit du grand travail qu’il abat pour le bien de ses compatriotes.

partager cet article
Share on Facebook57Share on Google+0Tweet about this on TwitterShare on LinkedIn0