Les survivants et survivantes des violences sexuelles liées au genre refusent de se taire.

Le monde pleure WAMELI

Au nom de l’universalité de la lutte contre les viols et violences faites aux femmes, il s’est tenu ce jeudi 26 avril 2018, une série d’actions de solidarité avec la population la population de Wameli. Ce village a connu, dans la nuit du 15 au 16 avril 2018, une invasion criminelle ayant donné lieu à plusieurs crimes dont des viols massifs contre plusieurs dizaines de femmes. De la RDC aux Etats Unis, en passant par les Pays-Bas et la Colombie, les membres du Mouvement universel des Survivants et des survivantes se sont mobilisés pour lancer un SOS en faveur des femmes de ce village situé dans la chefferie de Bamuguba Sud, en territoire de Shabunda, à l’Est de la RDC.


A Bukavu, la marche initialement prévue par ce collectif multiracial a finalement été interdite par les autorités municipales sans motivation réelle. Alors que des centaines des femmes et certains hommes, membres du mouvement, se déployaient déjà étoffer les rangs convergeant vers la résidence du gouverneur de

Province, ils ont enfin été surpris par un message n’autorisant l’accès au gouvernorat qu’à tout au plus 5 personnes.
Ne pouvant plus mener son action selon l’itinéraire initial, le mouvement des survivants et des survivantes a réuni ses membres, venus en masse, dans l’enclos de la Fondation. Sous un air plutôt attristé, foulards noirs sur les têtes, les membres de cette organisation de plaidoyers scandaient des chants dénonçant les diverses pratiques malsaines perpétrées à l’encontre des femmes et des jeunes filles de l’Est de la RDC.
Pour clôturer ces assises, ayant duré près de deux heures, la coordinatrice régionale du mouvement, madame Tatiana Mukanire, a lu, devant caméras et micros des journalistes, l’intégralité du mémorandum de son organisation au président de la République, qu’ils comptaient déposer à l’autorité provinciale au terme de leur marche.

Dans son message, le mouvement dénonce la recrudescence d’actions criminelles contre les femmes dans les territoires de Shabunda et Mwenga, en mettant en exergue les cas de Kabikokole et Wameli. Cependant, il s’indigne contre la léthargie que manifestent les autorités étatiques dans ces deux dossiers. Quid de Wameli, du 15 avril, nuit des viols massifs, à ce jour, aucune assistance n’est parvenue à ce village. Aucun humanitaire n’entreprend s’y rendre car les autorités politico-administratives décline toute responsabilité du sort de quiconque irait dans une zone complètement sous contrôle du seigneur de guerre KOKODIKOKO.
Le collectif boucle son message par une demande formulée aux autorités tant nationales que provinciales afin de tout mettre en œuvre, et le plus tôt possible, pour que des secours d’urgence parviennent à la population de Bamuguba Sud, et particulièrement aux femmes victimes des viols à Wameli.
A La Haye, au siège du mouvement, la coordination générale a similairement organisé un point de presse où il était question de dénoncer ce regain de crime à l’égard des femmes innocentes et inoffensives de l’Est de la RDC. Concomitamment, en Colombie, les membres du mouvement des survivants et des survivantes dans cette nation longtemps en proie à la guerre civile ont observé une journée de deuil, en solidarité à leurs semblables de la province du Sud-Kivu, en République démocratique du Congo.

A New York, aux Etats Unis, des voix se sont également levées pour appeler à une intervention en vue de porter assistance à la population de Wameli et celle de Kabikokole, visiblement abandonnées à leur triste sort.
Des milliers de voix se sont levées, ce jeudi. Seules en face à autant de menaces, les populations villageoises de l’Est lance déjà un soupir de débordement. Il est plus que temps que la communauté tant nationale qu’internationale se mobilise afin de mettre un terme à la souffrance de la population congolaise. Au nom de la fraternité universelle, toute personne sensée se sentira concernée par le sort de ses semblables, et devra impliquer son potentiel afin de restaurer les valeurs humanistes que cette partie du monde a cessé de respirer depuis déjà des décennies.
« … Engageons-nous, comme un seul homme, dans la lutte contre l’impunité dans un plaidoyer pour la restauration de la dignité humaine », dixit le Docteur Denis Mukwege.

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