Trois envoyés du Professeur docteur Denis Mukwege dans les coins reculés de la Tshopo

Trois envoyés du docteur Denis Mukwege sont en mission d’information, d’identification et de sensibilisation des fistules dans l’intérieur la province de la Tshopo. Après la première étape dans la ville de Kisangani, l’équipe s’est rendue dans des coins reculés de cette nouvelle entité afin de matérialiser la raison de sa mission : Sensibiliser les populations locales sur la problématique liée à la pathologie fistule, et sur le travail du docteur Mukwege à toutes les échelles.
Cette province, née du découpage de la grande Province Orientale, est sans doute à l’honneur pour le plan du Prix Sakharov 2014 pour ce second trimestre de l’année 2018. L’équipe a quitté Kisangani, la capitale de la Tshopo, ce 9 Avril 2018 et, traversant le fleuve Congo en pirogue, a atteint le territoire de Yakusu situé à plus d’une dizaine de Kilomètre de la ville.
A leur rencontre avec les responsables de la zone de santé de Yakusu, les envoyés du docteur Denis Mukwege ont mis leurs interlocuteurs au parfait de la nécessité de leur campagne contre la pathologie “fistule”.

Cette paralysie urogénitale, considérée comme une réelle urgence gynécologique, est une réalité dans cette partie du pays et nécessite une intervention immédiate ; raison réelle de la présence des équipes du professeur Mukwege dans la province de la Tshopo.
A la même occasion, les deux parties se sont entretenues au sujet de la vision globale du professeur docteur Denis Mukwege, initiateur de l’Hôpital de Panzi et de la Fondation Panzi. Les émissaires de Panzi ont également briefé leurs hôtes sur le parcours et les réalisations du docteur Denis Mukwege tant dans le domaine médical que dans toutes les disciplines où il intervient sous sa casquette de philanthrope par excellence. C’est à travers la Fondation Panzi que le professeur Denis Mukwege étend ses actions sur l’ensemble du territoire national, et même au-delà, l’Hôpital de Panzi ayant un champ d’action géographiquement limité, et compte tenu de sa spécificité disciplinaire.
Après l’étape de Yakusu, l’équipe de Panzi a à nouveau traversé le fleuve Congo, à bord d’une pirogue à pagaie pour gagner la contrée de Yanonge. Sans tenir compte des rapides, comptées en nombre non exhaustif sur ce bief du grand Congo, la délégation a dû braver la peur en navigant jusqu’à cette localité situé entre la ville de Kisangani et la cité d’Isangi. Arrivée à Yanonge, l’équipe a été chaleureusement accueillie par les sœurs religieuses de la sagesse (de l’église catholique) affectées dans cette zone.
Grâce à l’appui de la sœur Berthe, les deux jours de sensibilisation à Yanonge ont été couronnés d’un succès certain. La notoriété de cette servante de Dieu a permis à notre équipe de s’introduire sans difficulté auprès de toutes les instances, tant culturelle que politiques, de la localité. Les explications, auprès de la population locale, ont accouché d’une parfaite compréhension et d’une fine intériorisation du généreux travail qu’entrevoit le docteur Mukwege dans cette partie de la province de la Tshopo.

Les mystérieuses découvertes de Yaleko


La poursuite du parcours a conduit la délégation de Panzi au couvant de Yaleko. Dans cette localité réside une population éprise d’une mentalité encore rudimentaire. L’abbé Pascal, seul religieux trouvé dans la zone, peine à contenir une population qui choisit d’habiter des cabanes en chaumes, refusant de loger dans des maisons construites par les blancs les accusant d’envoûtement. A cette attitude primitive s’ajoute également la forte résistance que subit l’abbé de la part des sectes religieuses locales dont la prolifération est bien portante à Yaleko.
Malgré les aléas sus évoqués, l’équipe ne s’est pas empêchée de passer deux nuits à sur le lieu, histoire d’effectuer son exercice de sensibilisation de routine et prendre langue avec les leaders coutumiers locaux. Le séjour dans ce village a même été gratifié par l’administrateur du territoire d’OPALA nouvellement établi. En mission d’inspection à Yaleko, le nouvel administrateur a été marqué par le travail de titan qu’abat l’équipe de Panzi, et a profité de ces trouvailles pour féliciter le professeur Mukwege pour les actions salvatrices qu’il ne cesse d’accomplir à l’égard des congolaises et congolais sans discrimination d’origine.
Le village de Yaleko est, est dépit de tout ce qui précède, un village particulièrement modèle dans la matérialisation de l’approche parité telle que consacrée par la constitution de la RDC. Il détient la primauté d’être la seule entité, visitée par notre délégation, dont le chef est une femme. Sur base de cette prouesse dans le domaine de la valorisation de la femme, ce village abritera un site d’opération de fistules, tout comme Isangi et Yakusu, dès que débutera la phase proprement-dite de traitement.

Rencontre avec un chef religieux à YAKOKO

Au terme de son travail à Yaleko, la délégation diligentée par le docteur Mukwege s’est rendue à Yakoko, à près de 250 km de Yakusu, où elle ne traitera pas cette fois avec le leader religieux du milieu. Cette agglomération, couvrant une étendue de 2.5km de rayon et comptant 14 avenues, est complétement contrôlée par un chef religieux dénommé “dieu Lumumba” (se déclarant représenter l’incarnation du héros national Patrice Lumumba) ayant derrière lui près de 20.000 adeptes. Chef, polygame par excellence, compte à son actif plus de 300 concubines dont des petites filles non-consentantes.
Cet homme, dont le comportement envers les femmes ne révèle aucune valeur morale, constitue avec sa religion, un grand facteur favorisant l’émergence des pathologies génitales telles les fistules urogénitales (souvent dues à des rapports sexuels pratiqués avant la maturité physique de la femme).
Yakoko est vraisemblablement une illustration que les populations de l’arrière-pays congolais vivent toujours sous l’emprise d’une ignorance indescriptible. Ayant déduit que le chef religieux, le plus influent de la zone, constitué un modèle flagrant de paradoxe aux valeurs prêchées par le docteur Denis Mukwege, la délégation s’est résolue de l’esquiver et de ne s’appuyer que sur les responsables sanitaires locaux pendant leur travail de sensibilisation.

Rappelons qu’à partir du 12 avril 2018, le docteur Denis Mukwege a largué, dans la province de la Tshopo, une grande équipe et trois personnes dont le médecin le medecin Léon Boengande de l’Hopital Général de Référence d’Isangi, monsieur Crispin Kashale, point focal de la communication des institutions de Panzi, et de l’infirmière Séraphine Nkwanine sont dans ce périple de la Tshopo profonde. Ce long périple est relatif à la campagne liée à la recherche et la sensibilisation des personnes atteintes de fistules urogénitales.

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