LE DR MUKWEGE PREND PAROLE A LA 8514ÈME RÉUNION DE CONSEIL DE SECURITÉ DES NATIONS-UNIE

  • Accueil
  • LE DR MUKWEGE PREND PAROLE A LA 8514ÈME RÉUNION DE CONSEIL DE SECURITÉ DES NATIONS-UNIE
23 Avr
0

LE DR MUKWEGE PREND PAROLE A LA 8514ÈME RÉUNION DE CONSEIL DE SECURITÉ DES NATIONS-UNIE

Le professeur Denis Mukwege, invité ce mardi 23 avril 2019 au conseil de sécurité des Nations Unies à l’occasion de la présentation  de la Résolution criminalisant les violences sexuelles en temps de conflits armés. Dans son allocution, le Prix Nobel de la Paix 2018 a insisté sur la nécessité de l’instauration des sanctions contre les auteurs des viols, la reconnaissance du statut des enfants issus du viol ainsi que la réparation des survivantes des violences sexuelles.

Le professeur Denis Mukwege est plus que jamais engagé sur le front du plaidoyer en faveur d’un engagement global contre la violence pendant les conflits armés. Après autant d’années au chevet des victimes des violences sexuelles, « L’homme qui répare les femmes » connait les axes prioritaires de la réhabilitation des survivantes des violences sexuelles en période de conflit. La justice est, pour le professeur Denis Mukwege, la phase qui conclut le processus de guérison des survivantes.

« Notre expérience nous démontre que le processus de guérison des survivantes n’est complet que quand la justice est rendue », a fait savoir le professeur Denis Mukwege, soutenant « pleinement » les recommandations du dixième rapport du secrétaire général et le travail de sa représentante spéciale sur les violences en période de conflit.

Pour que le rétablissement des survivantes soit intégral, le Dr Denis Mukwege a insisté sur la mise d’un accent particulier sur la lutte contre l’impunité des crimes commis en période de conflits tant en RDC que dans d’autres pays où des conflits armés ont débouché sur des faits similaires. Parmi des mesures envisagé, il sied de citer la création des tribunaux spéciaux pour juger des présumés auteurs de ces crimes.

«Nous encourageons  tous les efforts de lutte contre l’impunité, tant au niveau national qu’international, ainsi que le recours à des tribunaux spéciaux que nous appelons de nos vœux pour la République Démocratique du Congo, ainsi que tous les pays dans une situation analogue », a-t-il soutenu.

Cette résolution proposée par l’Allemagne connait l’approbation du professeur « car elle met une emphase particulière sur le besoin de reconnaissance du statut des enfants nés du viol, d’une approche globale centrée sur les survivantes  mais aussi sur la nécessité d’appliquer des sanctions, de rendre la justice, d’exiger la redevabilité et des fournir des réparations.

Le professeur Denis Mukwege a par ailleurs félicité le conseil de sécurité de l’ONU que le viol comme stratégie de guerre soit aujourd’hui reconnu « comme un crime de guerre, un crime contre l’humanité, voire même un acte constitutif de crimes de génocide ».

« Il s’agit d’une avancée considérable car pour traiter un problème, il faut d’abord qu’il soit reconnu », a-t-il précisé. Pour le professeur, « cette évolution du Droit » prive tout dirigeant politique et militaire du prétexte de l’ignorance de sa responsabilité vis-à-vis de la problématique liée au viol.

Le professeur a également préconisé la pleine association des acteurs de la société civile « à des mécanismes d’alerte précoce, et de réaction rapide,  et à la collecte des données de crimes à caractère sexuel qui seraient canalisées vers des observatoires de la violence sexuelle mise en place au niveau local, national, régional et global pour les relayer ensuite vers le mécanismes de saisine  et d’examen du comité de sanction des nations unies ».

Un peu plus tôt, le secrétaire général des nations unis et sa représentante spéciale sur les violences en période de conflit ont insisté sur la nécessité d’anticiper en travaillant sur les causes des violences sexuelle.

Pour Antonio Guterres les principales causes de la prolifération des violences sexuelle en temps de conflits armés sont l’impunité, la retissance dans la dénonciation ainsi que l’absence d’enquêtes fiables et de rapportage crédible dans beaucoup de cas. Antonio Guterres a également insisté sur l’importance de la protection des victimes des violences sexuelles contre les stigmas ainsi que l’engagement global pour la création du Fonds Mondiale de réparation des survivantes des violences sexuelles tel que proposé par le professeur Denis Mukwege.

Pour la représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU sur les violences en période de conflit, madame Pramila Patten, les nations unies doivent agir en toute urgence pour le mise en place d’un système holistique de justice dans la problématique de violences sexuelle en période de conflits armés.

« Il faut un message ferme que le monde n’acceptera pas que le viol soit utilisé comme une tactique de guerre », a soutenu madame Pramila Patten.

Notons que c’est sur demande de la République Allemande, que la 8514eme le conseil de sécurité des nations-unies a siéger pour débattre des  violences sexuelles dans les conflits ce mardi 23 avril 2019 cet après-midi.

http://webtv.un.org/

Partager
Classés dans :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *