De twangeuse à tenancière de restaurant, Wabiwa s’en sort plutôt bien

5 Juil
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De twangeuse à tenancière de restaurant, Wabiwa s’en sort plutôt bien

L’Union Européenne, à travers le programme intégré d’appui holistique, accompagne la Fondation Panzi dans la réinsertion socioéconomique des femmes et des enfants exploités autour des carrés miniers, en territoire de Mwenga.

A Luhwindja et à Kamituga, plusieurs femmes ont dû abandonner la vie de bordel, et se sont converties à des métiers propres, qui leur permettent de refaire leur vie, et renouer avec l’espoir.

Mme WABIWA MAMBO, veuve et mère de 5 enfants, était une maman « twangeuse » à Kamituga (les twangeuses sont des femmes chargées de piler le gravier extrait des mines à longueur des journées pour sa pulvérisation et le nettoyage afin d’en extraire l’or brut).

Pour subvenir aux besoins de sa famille après le décès de son époux – qui était également creuseur artisanal dans le même carré de Tchanda – elle a dû se livrer à la prostitution. Ayant intégré le groupe des femmes inscrites dans le programme de formation en art culinaire, Wabiwa s’est associée à d’autres femmes qui ont suivi la même filière de formation pour initier un restaurant.

Madame Wabiwa témoigne que cette activité lui a permis d’améliorer le revenu de son ménage. Grâce aux recettes du restaurant, elle a pu adhérer à une mutuelle de solidarité où elle a déjà bénéficié de deux crédits ; avec une nette amélioration du niveau de vie de sa famille.

Elle scolarise ses enfants, les nourrit quotidiennement et leur garantit les soins médicaux. Grâce à une épargne d’un million de francs congolais (équivalent à 500 dollars américains), madame Wabiwa est aujourd’hui heureuse d’avoir construit une maison en matériaux semi-durables.

Cette maison constitue pour sa famille une grande fierté qu’elle a tenu à partager avec les autres bénéficiaires pour les encourager à suivre avec assiduité le programme de formation dont elles bénéficient.

La vie dans les carrés miniers est une expérience malheureuse que personne ne devrait souhaiter à une proche. Dans ce contexte où aucune attention n’est accordée à l’humanité, des femmes sont exploitées pour assouvir les désirs de plusieurs partenaires sexuels, rien que pour survivre. Elles courent le risque démesuré de contracter des infections sexuellement transmissibles, le VIH ainsi que des grossesses indésirables.

Lancer un SOS pour ces milliers de femmes dont les corps sont couramment vandalisés, au sein des carrés miniers, est un acte salutaire pour l’humanité.

Comme ne cesse de le répéter le Dr Mukwege, Prix Nobel de la Paix, « Agir, c’est refuser l’indifférence ».

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