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Santé Mentale : Fondation Panzi

Santé Mentale

PROJET SANTE MENTALE

Le projet santé mentale est un projet de la fondation Panzi qui consiste en intégration de soins de santé mentale dans les soins de santé primaire.   Commencé depuis 2010, le projet a commencé par définir les axes de santé mentale prioritaires, notamment l’axe psycho sociale et communautaire. Il a commencé par la conception et l’élaboration des outils  de mise en œuvre (le module de formation, les outils de collecte de données…). A ce niveau le projet a organisé un grand atelier qui a rassemblé tous les intervenants en santé mentale dans la province, la division provinciale de la santé, la direction nationale de la santé mentale et certains experts nationaux et internationaux. Le projet a collaboré avec l’Université de MICHIGAN dans l’élaboration des outils de collecte des données.

De 2010 à 2016 avec l’appui Financier de Norwegian Church Aid, le projet a respecté le principe de couverture géographique de sorte qu’il a couvert toutes les 34 zones de santé de la province du Sud Kivu en tant qu’axe pilote même s’il a concentré ses efforts sur les zones de santé rurales, et a pu former les prestataires des soins (Infirmiers titulaires des centres de santé, quelques médecins) sur l’approche psychosociale dans les structures de santé, a appuyé les bureaux centraux de zones de santé techniquement et matériellement sur les mécanismes de suivi. Il a cet effet octroyé aux bureaux centraux des zones de santé des imprimantes pour la multiplication des outils de collecte des données qu’ils vont distribuer aux formations sanitaires (FOSA), et des machine ordinateurs pour le logement de la base des données psychosociales. Il y a eu des missions de suivi- supervision, qui ont fait remarquer que cette prise en charge est devenue un axe connue et exécuté dans les structures mais la qualité de prestation a prouvé un besoin de multiplier les supervisions à titre d’un encadrement du prestataire comme des formations continues. Ce qui est resté défis. 

Depuis 2017 à nos jours, l’appui Financier de Louvain Coopération nous a permis de capitaliser les trois zones de santé urbaines à savoir : la zone de santé d’Ibanda, zone de santé de Kadutu et zone de santé de Bagira. Une spécificité pour ce projet est qu’il prend en compte les malades diabétiques.

 

Pour l’année 2018, le projet a pu réaliser des activités suivantes pour permettre aux structures de santé de couvrir le paquet de santé mentale dans le respect du protocole mis en place par le projet en collaboration avec le programme provinciale de la santé mentale. 

Activité et résultats

a)                Formation : 43 prestataires dont 16 femmes et 27 hommes  ont été formés sur le MHGAP, et le module nationale de prise en charge en santé mentale. Il s’agit de 37 Infirmiers titulaires adjoint,  3 IT n’ayant jamais  reçu cette formation et 3 directeurs de Nursing.

b)                Prise en charge des usagers des soins : 391 cas ont été  pris en charge à travers  des psychologues affectés dans les hôpitaux généraux de référence de la ville de Bukavu, à savoir : l’hôpital général de référence de Panzi dans la zone de santé d’Ibanda, l’hôpital général de référence de CIRIRI dans la zone de santé de Kadutu et l’hôpital général de référence de Bagira dans la zone de santé de BAGIRA.  Ainsi 927 séances se psychothérapies ont été réalisées.

c)                 Supervision dans les structures de santé :    En plus de la prise en charge, les psychologues affectés dans les hôpitaux généraux de référence par zone de santé, supervisent les prestataires dans leurs formations sanitaires respectives pour renforcer la formation. Ainsi  12 séances de supervision ont été organisées dans les formations sanitaires suivantes :

Hôpital régionale militaire dans la zone de santé d’Ibanda: Quatre séances

Centre de santé Irambo dans la zone de santé d’Ibanda: une séance

Centre de santé Burhiba zone de santé de Bagira: une séance

Centre de santé Kahero zone de santé Bagira: deux séances

Centre de santé CBCA Nyamugo, zone de santé de Kadutu : deux séances

Centre de santé ASTERIA CIMPUNDA zone de santé de Kadutu: deux séances

Lors de supervisions nous avons relevé quelques difficultés, tel que la recherche active des cas, la documentation des cas, et la rupture des outils.

d)               Journée supervision Intervision : pour deux objectifs principaux :

         Superviser  les prestataires, échanger les difficultés rencontrées entre prestataires de manière guidé en vue  d’une une orientation commune

         Organiser une socialisation en faveur de ces prestataires qui leur permet de se surmonter dans le problème d’affectation et /ou de transfert susceptible. Dans ce cadre 2 séances de supervision Intervision, ont été réalisées, dans la zone de santé d’Ibanda avec 12 participants  et celle de Bagira avec 10 participants, et cela    après que les psychologues affectés dans des hôpitaux aient une formation sur la conduite d’une supervision Intervision.

e)                Appui à la sensibilisation des clubs des diabétiques : 1252 personnes réparties dans les 11 clubs de diabétiques de la ville de Bukavu, ont été sensibilisées sur différents thèmes. Les clubs ont été structurés et ont bénéficié d’un appui en intrants  (glycomètre et tigettes) qui ont été octroyé aux centres de santé qui accompagnent les clubs en faveur des clubs. la Fondation Panzi a plaidé pour la baisse du prix de test pour un membre du club. Soit de 1000FC à 500FC pour permettre de recycler les tigettes.

 

f)                  Réintégration socio-économique des victimes des viols et violences : dans le suivi fait par le psychologue, deux survivants des violences ont bénéficié d’un appui pour leur  réinsertion socio-économique. Une femme a été renforcée dans son activité de vente des poules qui a connu une difficulté lors des soins de son enfant à l’hôpital de Chiriri avant le transfert vers l’hôpital de Panzi.

 

g)                Sensibilisation sur la santé mentale : la sensibilisation communautaire se fait dans les paroisse, les associations, les églises, et dans des formations sanitaires. 1213 personnes dont 779 femmes, ont été sensibilisées dans les trois zones de santé  de la ville de Bukavu sur des thèmes différents.  

 

Suite aux problèmes rencontrés lors de nos missions de suivi, celui de la faible implication de la communauté dans les questions de santé en générale et de santé mentale en particulier, le projet a appuyé la zone de santé à une activité de redynamisation communautaire Pour permettre l’implication de la communauté.  La communauté a élu des relais communautaires par l’approche de cellules d’animation communautaire (CAC), c’est-à-dire que   chaque  avenue a élu ses représentants en termes de CAC (cellule d’animation communautaires), et le projet les a formé sur le pratiques clés de relais communautaire et sur la santé mentale dans la communauté et dans les formations sanitaires.  

 

En suite chaque CAC après structuration au niveau de l’avenue, élu un représentant au niveau de l’aire de santé pour faire membre du comité de santé (CODESA). Les comités de santé sont structurés à leur tour et le projet a formé pour la deuxième fois, le représentant des comités de santé de toutes les aires de santé de la zone de santé d’Ibanda et Bagira qui n’ont pas eu à participer à la première formation, sur le même module. Ainsi le projet a formé 286 personnes faisant partie des CAC et des CODESA.

 

h)   Emission radio diffusées, théâtres, bande dessinée : Les émissions radio se sont déroulées à la radio Neno la UZIMA. 4 émissions radio  «  santé mentale pour tous »  ont été diffusés avec des thèmes spécifiques différents. nous avons eu des Des feed back lors des émissions ouvertes et des appels après émissions. Les bandes dessinés ont été produites mais non encore vulgarisées.

 

i)     Le symposium en santé mentale : sur les fonds de la Fondation Denis Mukwege, nous avons organisé un symposium en santé mentale qui a regroupé différents pays sous le thème principale : L’AVENIR DE TOUT UN PEUPLE EN SOUFFRANCE : LE ROLE DE LA SANTE MENTALE POUR BATIR UN CONGO RESILIENT.

Ce  Symposium a connu la participation 250 participants venant du Canada, de la Belgique, du Burundi, du Rwanda, de Kinshasa, de Goma et de Bukavu, appartenant aussi bien aux universités qu’aux organisations internationales et locales œuvrant dans le secteur de la santé mentale

Au cours de ce 2e Symposium 5 conférences ont été prononcées, 12 ateliers animés dont  4 thèmes portants sur des échanges d’expériences sur le terrain :

a)   Conférences :

1.      Le modèle holistique de soins pour les victimes de violences sexuelles en République Démocratique du Congo : One Stop Center de Panzi.

Orateur : Professeur Docteur Denis Mukwege, Président du 2e Symposium, Vice-Doyen de la Faculté de Médecine de l’Université Evangélique en Afrique Président de la Fondation Panzi, Directeur de l’Hôpital Général de Référence de Panzi et Prix Nobel de la Paix 2018.

2.     Santé publique et Santé mentale.

Orateur : Professeur Samuel Mampunza Ma Miezi, Professeur à la Faculté de Médecine de l’Université de Kinshasa et Président de l’Association Africaine de Santé Mentale.

3.     Les jeunes et la santé mentale dans un monde en mutation.

Orateur : Dr Ildéphonse Muteba Mushid, Président National du Programme National de Santé Mentale de la République Démocratique du Congo.

4.    Contribution de l’Université à la santé mentale.

Orateur : Professeur Gustave Mushagalusa Nachigera, Recteur de l’Université Evangélique en Afrique

5.     La psychiatrie de liaison : l’expérience du Rwanda.

Orateur : Professeur Simon Kanyandekwe, Chef du Département de Santé Mentale du Centre Hospitalier Universitaire de Kigali, Rwanda.

b)  Ateliers

1)    Répercussion de la violence sexuelle et de la violence basée sur le genre sur le devenir psychosocial de la femme ;

TEMOIGNAGE D’UNE FEMME QUI AVAIT BENEFICIEE UNE REINSERTION SOCIOECONOMIQUE 

Présentation de bénéficiaire

Il s’agit d’une femme âgée de 46 ans, veuve, victime de violence sexuelle, PVV et mère de 7 enfants, elle réside à Bagira. Elle fut enseignante à une école primaire de la place, puis vendeuse des souliers.

Il a été relevé que cette femme a été agressée sexuellement par trois hommes non identifiés quand elle venait dans son village ; l’événement s’est déroulé au mois de juin 2016, à 20 heures. Un an après, son mari est décédé, en plus elle avait une fille-mère dans sa maison qui ne voulait plus d’elle, c’est ce qui a été à la base des troubles psychologiques qu’elle manifestait: trouble de mémoire (oublie), faible estime de soi accompagné des sentiments de culpabilité surtout lorsque les élèves échoue.

5 mois après, les signes de traumatisme ont commencés à se manifester par évanouissement en classe devant les élèves,  les autorités scolaires ont décidés de la chasser, ce qui a multiplié les problèmes psychologiques.

Elle a était reçue au centre de santé LUMU dans un état d’inconscience, 3 jours après elle a été référée à l’HGR Bagira pour la prise en charge médicale et psychologique.

L’état de bénéficiaire 

Avant la prise en charge, cette femme présentait :

         Céphalée

         Stigmatisation

         Perte d’appétit

         Nausée

         Sentiment de culpabilité

         Hallucination auditive

         Difficulté de concentration

         Culpabilité

         Honte

         Idée de mort

         Elle ne pouvait pas narrer l’histoire de sa situation.

         La tension artérielle était toujours élevée

Après la prise ne charge :

         Elle collabore

         Elle a l’envie de vivre

         Elle s’exprime librement

         Elle narre son histoire

         Elle se concentre bien.

Tension artérielle stabilisé 

Témoignage

Je suis venu à l’hôpital dans un état d’inconscience, 2 jours après je me suis rétablie et là j’ai commencé les soins médicaux.

J’ai vu la main de Dieu à travers la Fondation Panzi qui avait pris en charge les soins en payant les frais d’hospitalisation et elle m’a donné une somme de 100$ pour se prendre en charge seul.

Depuis que je m’entretiens avec la psychologue ma vie est totalement rétablie car je pouvais plus m’exprimer librement sans honte, je ne faisais que pleurnicher, et se considérer comme sans valeur dans la société, ma tension artérielle montait à chaque mesure. Mais à travers la Fondation Panzi et l’entretien de psychologue, je me sens fière de vivre et libre à m’exprimer même ma tension artérielle est stabilisée ; je me sens capable d’exercer toute mes fonctions. Que Dieu Bénisse les initiateurs de la Fondation Panzi pour les biens qu’ils ne cessent de faire.