Le colonel Mabiala Ngoma condamné pour crimes de viols commis à Mirenzo, Katasomwa et Chirimiro. 

L’équipe du Dr Mukwege ne se lasse pas. Au terme de l’audience foraine qu’a tenu la cour militaire du Sud-Kivu, à Kalehe, le colonel Mabiala Ngoma Alma a écopé d’une sévère peine de prison à perpétuité pour des  crimes dont se sont rendus coupable les militaires de son bataillon, à Mirenzo, Katasomwa et Chirimiro.

Ce jeudi 29 novembre 2018, au terme d’un procès extrêmement rehaussé, l’Etat Congolais a également été sommé de  réparer les préjudices causés aux différentes victimes.

En dépit des graves irrégularités qui entachent la justice congolaise, le professeur Mukwege et son équipe ne désarment pas. Quelques mois seulement après la condamnation du député Frédéric Batumike, pour les souffrances que ses protégés faisaient subir les enfants à Kavumu, c’est au tour du Lieutenant-colonel Mabiala de subir la rigueur de la loi.

En conclusion de cette audience foraine qu’a appuyée la Fondation Panzi, accompagnée d’autres organisations de défense des droits humains, la cour militaire du Sud-Kivu a reconnu l’officier de l’armée congolaise, conjointement avec l’Etat congolais, coupables de toutes les atrocités qu’ont commis les éléments FARDC du bataillon spécial.

Trois griefs ont été retenus contre le lieutenant-colonel, Mabiala Alma.

Il s’agit de crimes contre l’humanité par meurtres, des crimes contre l’humanité par viol ainsi que des crimes contre l’humanité par d’autres actes inhumains. Cette catégories englobe tous les cas de pillages, incendies de maisons et tous les cas de tortures qu’ont commis les militaires sous le commandement du lieutenant-colonel Mabiala.

En dates du 7, 8 et 9 juin 2013, les militaires de la première compagnie, du bataillon spécial d’intervention, basée à Katasomwa avaient mené des fortes représailles contre des populations civiles, qu’ils accusaient être de mèche avec les Raiya Mutomboki qui venait d’attaquer leur base, tuant un de leur. A cette occasion, neuf personnes furent tuées, treize femmes furent violées, plusieurs maisons incendiées et plusieurs biens pillés.

De son état-major, le commandant du bataillon spécial avait été informé de la détérioration de la situation sécuritaire à Katasomwa, au jour du début des atrocités.   Le lieutenant-colonel Mabiala, alors Major, s’était déplacé personnellement vers le lieu de commission de faits, au moment où le feu pouvait être éteint, mais il n’en a rien fait de tel. Les hommes du bataillon spécial opéreront tranquillement, et à dessein, jusqu’à mettre en débandade les habitants des villages de Chirimiro et Mirenzo.

Efficacité oblige, Panzi a déployé une équipe musclée, constituée de quatre avocats et une psychologue afin d’apporter une assistance holistique aux différentes victimes qui étaient appelées à comparaître par devant la cour militaire.

L’arsenal d’avocats qu’a dépêché la Fondation Panzi, associés à certains avocats venus d’autres  organisations partenaire au sein du Task-Force Justice, a bien répondu au besoin d’éclairer la cour sur l’effectivité de ces faits, dont le principal responsable niait toujours la véracité. Grâce à leur savoir-faire, et à la force de la vérité, nos hommes en toges ont convaincu la cour militaire d’appliquer une peine proportionnelle, aux bavures de ses hommes, au colonel Mabiala.

Au vu de tous ces actes, réprimés par les statuts de Rome [qui régissent la cour pénale internationale], le chef hiérarchique du bataillon ne devait que répondre des faits commis par les hommes de sa troupe.

Dès le prononcé du jugement, l’officier a été radié de l’armée congolaise, et a écopé la prison à perpétuité. Conjointement avec l’Etat Congolais, le désormais ex-officier devra s’acquitter de dommage et intérêt à l’égard de toutes les victimes.

Des dommages et intérêts

Le jugement, rendu ce jeudi 29 novembre 2018 parait comme une lueur de consolation pour les différentes parties civiles. L’Etat congolais, civilement responsable des actes commis par les hommes de son armée, a été sommé d’allouer aux victimes une somme d’argent proportionnelle aux préjudices lui causés.

A chaque victime de crime de guerre par meurtre, la République Démocratique du Congo devra s’acquitter du paiement de 10000 milles dollars, équivalent en francs congolais. La même somme sera allouée également à chaque victime de viol.

Quant aux victimes d’autres actes inhumains, elles recevront chacune un montant évalué à 5000 mille dollars, équivalent en francs congolais, histoire de compenser les préjudices qu’ont subis les innocents villageois de Katasomwa, Mirenzo et Chirimiro.

Cette condamnation, de l’Etat congolais, est une première et augure une lueur d’espoir pour les victimes. La justice, ayant fait son travail, les espoirs demeurent que l’Etat Congolais devra au même pied que son coaccusé, s’exécuter en remettant ses citoyens dans leurs droits.

La participation de la Fondation Panzi, à ce procès a été remarquablement applaudie. Dans son réquisitoire, l’officier du ministère public a particulièrement rendu hommage à la Fondation Panzi  pour son abnégation et son engagement en faveur d’une justice équitable.

L’appui à cette audience foraine est venu couronner et boucler un travail dont la Fondation Panzi avait entamé en 2013, année de la commission desdits crimes.

A cette époque, la clinique mobile de Panzi fut dépêchée pour porter une assistance médicale et psychologique aux victimes de la barbarie des militaires indisciplinés.

 

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