Les lauréates 2017 de la Maison DORCAS reçoivent leur kit de réinsertion

A la Maison Dorcas, on peut apprendre la vannerie, la coupe couture, l’extraction de lait et de soja, la fabrication de beignets, la saponification ou bénéficier de cours d’alphabétisation.

Aujourd’hui, la Maison Dorcas célèbre ses bénéficiaires qui ont obtenu leur brevet de formation en leur remettant un kit de réinsertion. Les lauréates accompagnées de leur mère, de leur mari ou de leurs enfants ont reçu une machine à coudre, des tissus, du matériel de couture ainsi que du matériel pour confectionner des sacs. Cent cinquante femmes ont pu bénéficier jusqu’à ce jour de ce kit de réinsertion remis par la Maison Dorcas afin d’entamer une nouvelle vie en femme indépendante, libre et digne. La Fondation panzi a vu les choses en grand : de la danse, une démonstration de karaté, des chants entonnés par les enfants, des sketches et des acrobaties.

De nombreux partenaires étaient présents à la cérémonie, notamment le directeur de l’Institut National de Préparation Professionnelle, la Division Provinciale des Affaires sociales, la Police et bien d’autres.

A cette occasion, le Docteur Denis Mukwege revient sur la génèse du service de réinsertion socioéconomique prodigué par la Fondation Panzi. A l’époque les femmes n’étaient soignées que sur le plan médical, l’équipe du Docteur ne s’occupait que du corps blessé de ces femmes mais une fois ce corps soigné, la femme continuait de souffrir d’autres maux. Ces maux étaient psychologiques, leur non prise en charge faisaient revenir les femmes sur le chemin de l’hôpital de Panzi. Le corps était soigné sans que les effets psychologiques dus aux traumatismes subis aient été pris en compte.

La Fondation Panzi s’est alors dotée d’une équipe de psychologues et d’assistantes sociales, cet accompagnement permet de soigner les femmes dans tout leur être, physique et mental. Cependant, une autre observation fut faite. Soigner les femmes sur le plan médical et psychologique n’était pas suffisant. Il fallait les aider également à subvenir à leurs besoins ainsi qu’à ceux de leur famille car si la femme n’a pas de moyens, elle se tournera vers la mendicité. En mendiant ci et là la femme a de grands risques de subir de la violence une seconde ou une troisième fois, et c’est un retour à la case départ qui annihile le travail de l’équipe médicopsychologique.

Le Dr MUKWEGE dans son discours insiste sur la nécessité de la femme à retrouver sa fierté, il faut les « restaurer dans leur humanité », « qu’elles se sentent exister », il faut « sortir de l’esclavage ». Apprendre un métier et prendre soin de soi c’est refuser de mendier, c’est acquérir son indépendance, c’est se suffire à soi-même, c’est faire ce que l’on veut comme on le désire, c’est ce qui permet de pouvoir dire non lorsque nous ne sommes pas d’accord et cette capacité précieuse de refuser telle ou telle chose est la « deuxième voie pour garder la liberté ».

Le Dr MUKWEGE évoque ces femmes qu’il a soigné, qui aujourd’hui voyagent à travers le monde, qui sont leur propre patrons, qui s’organisent et se suffisent à elle-même. De quoi inspirer nos femmes qui aujourd’hui repartent, leur kit de réinsertion en mains, l’esprit empli de fierté et de force prêtes à croquer la vie à pleines dents.

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