LE DR MUKWEGE VIENT AU SECOURS DES FILLETTES PLONGEES DANS LA VIE DE BORDEL

29 Avr
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LE DR MUKWEGE VIENT AU SECOURS DES FILLETTES PLONGEES DANS LA VIE DE BORDEL

La Fondation Panzi prend en charge des jeunes filles, jadis utilisées comme esclaves sexuelles au sein des maisons de tolérance dans la ville de Bukavu.  A travers le projet Save the Girls ces filles, identifiées et sensibilisées par les organisations de la société civile APACH et SAJESEC Force-vive, sont récupérées, hébergées, prises en charge et scolarisées par la Fondation Panzi dans le but de leur redonner un sourire qu’elles ont perdu trop.

La vie de bordel est, pour les petites filles, un passage de calvaire qui éteint la flamme de leur avenir et sème désespoir et désolation dans leur vie. Souvent sous le coup de la misère, que leur impose le destin, ces filles sont mises dans des conditions extrêmement vandales dans l’espoir de pouvoir gagner un peu de sous pour subvenir à leurs besoins primaires.

A un très jeune âge [13ans], Irénée [nom d’emprunt] a été malheureuse de perdre son père. N’ayant aucun autre soutien, Irénée a été influencée de rejoindre un débit de boisson où elle était utilisée non seulement comme serveuse mais elle fut également transformée en esclave sexuelle par sa patronne, qui la prostituait pour en tirer des revenus.

Son malheur se corsera lorsqu’Irénée attrapera une grossesse dont elle n’a pas su identifier la paternité. Elle en fut tellement affectée qu’elle perdit tout repère. Plus aucune personne ne lui accordait de l’importance. Son proxénète n’en voulait plus, car devenue peu rentable pendant la période de gestation.

Suite à cette avarice et cette ingratitude, Irénée ne tarda pas à répondre à l’appel lancé par le Dr Denis Mukwege. Pour l’heure, Irénée et son enfant [qu’elle a faite au terme de cette grossesse] sont pris en charge à la Maison Déborah. Elle trouve tout ce qu’il lui faut pour mener une vie aisée. Elle suit la formation en coupe et couture à la maison Dorcas, et chaque jour son enfant est amené jouer à l’aire de jeux de l’hôpital avec d’autres enfants. Il ne lui manque plus rien aujourd’hui pour être stable.

Grâce au Docteur Mukwege, elle est en train de rattraper le seuil normal de la vie, voir comment ses rêves seront réalisés.

Irénée implore le « bon Dieu pour que la générosité du Dr Mukwege soit éternelle».

Le cas d’Irénée, c’est juste un échantillon dans une multitude de filles mineures [abusivement appelées dans le jargon de Bukavu Ndogondogo] qui sont dans la même situation.

Pour l’instant le projet Save the girl prend en charge trente bénéficiaires reparties dans trois Safe houses. Deux sont à Mushununu, aux abords de la Fondation Fondation Panzi, et la troisième se trouve à Bagira.

Ce projet est appuyé à ce jour par l’organisation http://www.barnsamariten.se/

Dans ces maisons, les filles reçoivent une prise en charge holistiques. Un arsenal humain est mis en place pour leur prise en charge physique, psychologique, spirituelle ainsi qu’un encadrement juridique relatif leurs droits et devoirs.

La réintégration des ces filles est un travail de dur labeur. Il est question de faire changer un mode de vie à des jeunes filles qui, depuis un âge très bas, ont été prises en otage par des personnes adultes, fortes de leur suprématie financière, afin de leur servir de fond de commerce. L’équipe d’encadrement, commise au service de ces filles, peaufine un tas de stratégies pour parvenir à les ramener sur le bon chemin.

« Lors de  l’intégration au centre, les bénéficiaires songent toujours à la vie qu’elles ont  abandonnée. Mais au fur et à mesure que s’effectuent  les différentes séances de récupération, différents enseignements, la présence des psychologues et des APS (Assistantes Psychosociales), elles retrouvent progressivement le bon chemin et aspirent au changement intégral », a avoué madame Muleta Constancy Bijoux, mère encadreuse de la maison Dina, une de deux Safe Houses retrouvées à Mushununu.

« Dans notre société, la femme prend la dernière place. On  la compare  à un troupeau mais le Docteur Mukwege lutte toujours contre toute discrimination à l’égard de cette dernière. Malgré les difficultés rencontrées lors de l’encadrement de ces enfants, on parvient toujours à la réussite vu la bonne foi et la générosité du docteur [Mukwege]», a rétorqué Micheline Rodriguez, mère-encadreuse du Safe House Deborah.

En RDC, et dans la ville de Bukavu en particulier, l’esclavage sexuel est fait à l’égard des petites filles, dont l’âge dépasse à peine la dizaine d’années, provenant des familles vulnérables.

Pour la plupart, ces petites filles vivent dans une précarité sans nom au sein de leurs familles. Précarité qui est accentuée par la pérennité de la guerre en milieu rural [raison de l’exode rural]. Ce qui rend les filles comme proie facile aux tenanciers des maisons de tolérance et autres débits de boisson. Dans ces établissements malsains, les jeunes filles sont utilisées comme gagne-pains par des personnes sans vergogne ni éthique, pour qui le bien-être du prochain ne comporte aucune valeur. Forcées de contracter des rapports sexuels souvent non protégés, et avec des partenaires multiples et inconnus, ces filles sont exposées à nombreuses maladies sexuellement transmissibles, dont les fatidiques VIH/SIDA et l’Hépatite B.

  A leur sortie des bordels, les filles réintègrent l’école normale et d’autres sont enrôlées dans des centres d’apprentissage en métiers afin de pouvoir renouer avec le rêve d’un avenir radieux qu’elles avaient perdu pendant la période de leur maltraitance.

Le Docteur Mukwege a compris que la réinsertion socio-économique est d’une importance capitale pour les femmes congolaises victimes des traitements inhumains. Grâce à cette approche, un nombre incommensurable de femmes a pu retrouver une place prépondérante dans la société en dépit d’actes qu’elles ont endurés de la part de leurs bourreaux.

« Les victimes ont un énorme potentiel de résilience pour transformer la souffrance en pouvoir jusqu’à devenir des actrices du changement dans la société », avait dit le Dr Denis Mukwege dans son allocution du 10 décembre 2018, à l’occasion de la remise du Prix Nobel de la Paix.

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