LA FONDATION PANZI VIENT AU SECOURS DES FEMMES VIOLEES A KAMUNGINI/SHABUNDA

La fondation Panzi a pris en charge, du 15 au 17 aout 2018, 13 victimes de violences sexuelles venues du territoire de Shabunda. Ces femmes, survivantes des atrocités perpétrées par des mouvements Raiya Mutomboki, sont provenues de Nzibira, où elles vivent en réfugiées, et ont été prise en charge au Centre Hospitalier de Mulamba, par une équipe mixte, conçue pour la circonstance.

Elles ont appris les nouvelles du docteur Denis Mukwege et de l’aide qu’il accorde aux personnes vulnérables, spécialement aux victimes de violences sexuelles. C’est ainsi qu’elles ont pris l’initiative de se rendre au centre hospitalier de Mulamba, une structure que le professeur Mukwege a construit à ses propres fonds, où elles ont été prise en charge par l’équipe d’urgence venue de Panzi.

Sans aucun soin, depuis que ces évènements macabres, les survivantes ont trouvé en la venue de l’équipe de Panzi une réelle aubaine.

« Depuis ce moment, je n’ai reçu aucun traitement à part certaines interventions de la médecine traditionnelle, que m’assuraient certains proches qui se donnaient encore la peine de s’intéresser à moi » a confié une dame dont la santé se révélait complètement dégradée. 

Après avoir subi ces ignobles pratiques, ces innocentes dames n’ont pas joui de la clémence de la société. Bien au contre, elles ont toutes été chassées par leurs maris. Se couvrant par des principes coutumiers rétrogrades et injustes, les époux ont refusé de compatir avec leurs épouses pendant leur malheur. Ceci a, sans doute altéré davantage l’état de santé de ces femmes, dans sa dimension mentale.

Ces victimes provenues des villages lointains où les rigoles créées par l’inefficacité des services sécuritaires étatiques sont cruellement exploitées par des seigneurs de guerre qui déversent une terreur démesurée sur des paisibles citoyens. Une bonne multitude d’innocents reste en proie aux envies sadiques des hommes sans foi ni loi. Ils se régalent à piller, à incendier les demeures et, pire, violer atrocement, sans pudeur ni vergogne des femmes inoffensives.

Dans les villages de Kamungini, Wameli, et bien d’autres villages voisins, la période avoisinant la quinzaine du mois d’avril fut inscrite dans les annales sombres de la vie dans cette partie de l’Est du territoire de Shabunda. Des hommes fidèles au chef milicien Mabala envahirent la contrée et, pour des fins inavouées, rependirent l’emprise de leur nuisance sur l’ensemble de population habitant ces villages. Conduite par un certain Wemba, que certains témoignages authentiques donnent pour mort déjà, la milice se donna coupable des viols collective sur des femmes sans distinction d’âge.

Outre la bande à Mabala et  Wemba, d’autres victimes ont été abusées dans la zone dont s’est accaparé, de main de maître, un homme du nom de Cheru Birikunkuba, dit Ntarumanga. A l’image du précédent groupe, la bande à Ntarumanga a érigé son champ de bataille sur le corps de la femme congolaise.

Les treize femmes, prises en charge à Mulamba, racontent avoir été surprises alors qu’elles vaquaient  paisiblement à leurs activités vitales de routine. Pour certaines, le pire avait surgi quand elles se rendaient aux champs, pour d’autres, c

’est pendant qu’elles péchaient des crabes pour nourrir leurs familles. D’autres, par contre, se rendaient au marché quand elles furent immobilisées par des hommes en armes et que s’en suivent tortures et viol.

Une survivante, surprise en train de récolter les maniocs accompagnée de son fils, témoigne avoir vu abattre son fils devant ses propres yeux, avant d’être violée par un groupe de 6 hommes armées des fusils et des machettes. Elle perdit connaissance, suite à toute cette souffrance et n’a pas se rendre compte de la suite de sa peine.

En effet, les affres de Kigulube, en territoire de Shabunda, ont produit autant de tort à la population autochtone que l’intervention humanitaire s’y avère nécessaire en dépit de la porosité perpétuelle des conditions sécuritaires dans cette zone. Actuellement, 66 victimes, dont 11 enfants et deux hommes, restent sans secours dans ces villages.

Avec l’appui du bureau conjoint des nations unies pour les droits humains (BCNUDH, une branche de la MONUSCO), la Fondation Panzi envisage une mission humanitaire dans cette partie de la RDC afin d’apporter une assistance holistique à toute ces victimes qui, du reste, ne méritent pas le sort qui est le leur aujourd’hui.

partager cet article
Share on Facebook0Share on Google+0Tweet about this on TwitterShare on LinkedIn0