Vingt affaires de viol sur mineurs traitées par la Chambre Foraine de Kalehe avec l’appui de la Fondation Panzi

Le combat du Professeur Denis Mukwege ne se limite pas seulement à soigner les femmes, il nous l’a prouvé à travers le One Stop Center qui prend en charge de manière holistique les survivantes victimes de violences sexuelles et victimes de violences basées sur le genre.
Pour reconstruire leur vie de la manière la plus paisible possible, il est nécessaire que les survivantes soient reconnues en tant que victimes. Il est primordial que leur agresseur soit amené devant la justice, jugé et condamné selon ce que prévoit la loi.

En République Démocratique du Congo, l’accès à la justice est difficile et compliqué. Les victimes vivant dans des territoires éloignés de toute juridictions compétentes ont de ce fait un accès limité aux infrastructures. Ces mêmes infrastructures sont également en nombre très réduit, il en va de même pour l’effectif des juges.

L’ignorance des victimes au regard de leurs droits, la pauvreté, la peur des représailles, la peur de la stigmatisation sont autant de facteurs qui minent l’accès à la justice. Et quand son accès est effectif il y a lenteur, ou mauvaise volonté de l’appareil judiciaire. Les victimes abandonnent ou les prévenus sont relâchés avant la fin de la l’instruction pré-juridictionnelle.

La création d’un Etat de droit fait partie de la vision du Professeur Denis Mukwege. Un Etat où la justice est accessible à tous, rendue pour tous sans discrimination, de manière transparente et équitable. C’est en ce sens que la Fondation Panzi possède des Cliniques Juridiques dans de nombreux territoires de la province du Sud Kivu, les requérants y reçoivent une aide juridique et un accompagnement gratuits.

La Clinique Juridique, via son programme d’assistance juridique et judiciaire, a complié plusieurs affaires dans le territoire de Kalehe. Le Tribunal de Grande Instance de Kavumu a organisé la présente Chambre Foraine qui se déroule depuis le 15 février pour arriver à son terme le 26 février. Les audiences ont lieu au Tribunal de Paix de Kalehe. Vingt affaires de viol sur mineurs et 21 prévenus sont prévus d’être entendues.

Le premier jour a été dédié à l’identification de tous les prévenus.. Les victimes témoignent toutes à visage couvert, elles sont représentées gratuitement par le collectif des avocats de la Fondation Panzi. Les prévenus sont eux aussi représentés par des avocats et par des défenseurs judiciaires, comme le stipule l’article 7 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1948 : « Tous sont égaux devant la loi et ont droit sans distinction à une égale protection de la loi […] ».

La Fondation Panzi, via l’appui financier du Fonds Social RDC, offre un appui technique et logistique de taille à la Chambre Foraine de Kalehe.

En effet, elle prend en charge le transport, l’hébergement et la nourriture des victimes des témoins et des prévenus, ces derniers se trouvaient à la prison de Kabare, à 65 km de là, ils ont été transférés au centre de détention de Kalehe le temps de la Chambre Foraine. La Fondation Panzi supporte aussi les besoins matériels de la Cour.

Tout a été mis en place pour faciliter l’accès de la justice aux justiciables, pour juger rapidement les affaires qui traineraient en temps en normal, pour montrer également aux victimes d’agressions sexuelles qu’elles ne sont pas seules. Cette Chambre Foraine a par ailleurs une visée pédagogique, les audiences étant publiques, les membres de la communauté s’informent également de la réalité de la loi. Ils s’informent de leurs droits, de leurs devoirs et des conséquences pénales inhérentes au non-respect de ces lois.

La Chambre Foraine de Kalehe met l’emphase sur le dédommagement des victimes. Bien qu’aucune réparation financière ou matérielle ne puisse jamais effacer ces terribles évènements de leur vie, il est important que ces femmes violées dans leur chair et dans leur âme obtiennent réparation.
Jusqu’à ce jour plus de la moitié des affaires ont déjà été auditionnées. Pour le moment, les condamnations prescrites par le ministère public vont de 5 à 20 ans de servitude pénale et les dommages et intérêts s’élève de 800 000 à 1 000 000 de francs congolais.

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